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mardi 22 mars 2011

Les annélides: les clitellates

Les clitellates sont des annélides qui possèdent un clitellum. Quoi? vous ne savez pas ce qu'est un clitellum? Clitellum signifie "selle" (non, pas le caca mais le truc qu'on met sur ces salles mammifères de chevaux). Ceux qui ont trouvé ce terme devaient avoir plein d'imagination et s'imaginer chevaucher un ver de terre (En fait j'aimerais beaucoup...). En effet, le clitellum est un épaississement du contour de notre amis l'annélide dû à des cellules glandulaires ce qui fait un anneau autour de l'animal. Les clitellates ont en général les soies (cf articles précédents) réduites voir absentes chez les sangsues ou "achètes". D'ailleurs on divise les clitellates en deux groupes: les oligochètes et les achètes. 

Les oligochètes de "oligo"=peu et "chaetae"=soie sont les clitellates avec de petites soies. On y rencontre entre beaucoup d'autres le ver de terre. Hey oui! Regardez un jour de près un gros ver de terre et peut-être y verrez vous les soies! 
Les achètes du privatif "a" qui signifie qu'ils n'ont pas de soies. La plupart des sangsues sont des achètes.
Et là, on a une magnifique séquence évolutive: Polychètes->oligochètes->achètes avec une évolution vers la perte des soies. Mais attention petits sacripants! Que je ne vous prenne pas à faire du finalisme ou du gradisme, les achètes ne sont pas plus évolués que les polychètes ou que les oligochètes simplement parceque les groupes des polychètes et des oligochètes sont mal définis! Allez voir cet article: -->Phylogénie<--. Pour être strict il ne faudrait plus parler ni d'oligochètes ni de polychètes ou bien considérer que les achètes sont des oligochètes cet ensemble appartenant lui même aux polychètes.

Les clitellates (qui eux par contre sont bien définis) ont investis tous les milieux: terrestre, marin et d'eau douce. On peut supposer que c'est grâce au clitellum et sa fonction dans la reproduction dans la formation de cocons qui permet à leur progéniture de mieux résister aux imprévus. Beaucoup d'"oligochètes" (les guillemets c'est pour dire que ce mot n'est pas bien définit) peuvent se reproduire de manière assexuée. En effet, l'histoire du ver de terre qu'on coupe en deux et dont les deux parties continent leur vie est bien connue. Cependant les vers de terre ne sont pas bien habiles à ce jeu et d'autres clitellates utilisent beaucoup ce mode de reproduction. Les clitellates sont hermaphrodites (chaque individu est à la fois mâle et femelle). Ils se reproduisent tête bèche (en 69 quoi... Ou en 11 pour être plus précis dans la description). Voici une photo torride:

Les annélides: les clitellates

Deux vers de terre faisant des choses qui ne regardent qu'eux se retrouvant en photo sur la blogsphère... C'était une soirée bien arrosée, Vairdetèrinou a tout vomi, lol lol mdr. Voilà, les photos sont sur le net.

Maintenant place plutôt aux anecdotes, en effet, les clitellates sont des animaux assez rigolos et fascinants.

Pour les vers de terre ou lombrics pas de mystère, ils sont bien connus. Leur rôle dans l'aération des sols est un des grand exemples d'espèce "utile" (je n'aime vraiment pas cette distinction entre nuisible et utile). D'ailleurs le dernier livre de Darwin traite des vers de terre, de leur apport à l'écologie des sols et à leur comportement. Si ce n'est pas un signe que les annélides ont la classe je ne peut plus vous convaincre... Bref, mieux encore, les vers de terre produisent du mucus (mais oui, c'est pour ça qu'ils sont tout visqueux). Par le dépôt de mucus cela va favoriser le développement de bactéries qui vont accélérer la décomposition des sols (Contrairement à ce que veulent vous faire croire les pubs Harpic, Canard WC et compagnie, les bactéries ne sont pas toutes méchantes...). Les vers de terre assimilent les petites particules déja décomposées. Quasiment chaque particule du sol passe par le tube digestif d'un ver de terre. Autant dire qu'ils font du travail...

Les annélides: les clitellates

A gauche des tous bébés vers de terre. A droite un cocon de ver de terre.

Les Tubificidae: C'est une vaste famille de vers de vase. Ces vers vivent en eau douce et y sont extrêmement présents. Ce sont les vers de terre de la vase:

-Les Tubifex: j'en élève d'ailleurs et je peux vous dire qu'à peine la vase mélangée on les vois refaire des galeries dans la vase. Les tubifexs peuvent atteindre de très très grandes concentrations en eaux polluées. D'ailleurs en voici une vidéo peu ragoutante: -->cliquez ici<-- Mais en eaux propres ont les voit simplement onduler gracieusement à la surface comme cela: -->cliquez ici<-- (et encore là il y en a beaucoup, j'ai des populations bien moins denses chez moi).

Les annélides: les clitellates

Quelques Tubifex ondulant gracieusement.

-Les chaetogaster: Je ne peux m'empêcher de raconter ça ^^ J'avais attrapé un petit ver dans une de mes cultures qui se déplaçait comme une sangsue quand on l'embêtait. Une fois au microscope je découvre un animal bizarre: des soies juste à l'arrière sauf une paire à l'avant, un tube digestif très compartimenté, une bouche béante avec de petits tentacules, un épaississement autour de l'avant. Bref un truc que je n'avait jamais vu! Les soies mais surtout les dissépiments (retournez à la case "annélides") m'ont fait comprendre que c'était simplement une annélide. J'ai réussi à identifier comme étant un Chaetogaster (gaster=ventre, chaetae=soies ce qui signifie "ventre soyeux", joli non?). Ce sont de grands carnivores et j'en ai vu avec desostracodes entiers presque aussi larges qu'eux dans le tube digestif!

Les annélides: les clitellates

Un drôle de Chaetogaster...

Et pour finir les sangsues! Oui, j'en ai quelques une chez moi! A vrai dire une seule en ce moment mais elle avait un compagnon (mort...). Elle est toute petite, 2 centimètres au plus. Les deux ont tenté de se reproduire. Quelle surprise quand j'ai vu des œufs accroché à leur ventre. Je remarquait aussi que les sangsues ondulaient régulièrement. Puis j'ai remarqué une fois plein de mini sangsues sur leur ventre! Hey oui!Certaines sangsues pratiquent des soins parentaux! Émouvant non? Malheureusement les bébés n'ont pas tenus. Mais je suis fou d'élever des sangsues direz vous! Et comment je les nourris? Déjà elles ne sortent pas de leur pot alors pas d'attaques nocturnes de sangsues zombies. Ensuite toutes les sangsues ne sont pas hématophages (=qui se nourrit de sang), certaines sont des prédateurs carnassiers c'est à dire qu'elles mangent des crustacés et autre proies. Il est aussi bien connus que certaines sangsues secrètent un anti-coagulant efficace utilisé en médecine. Pour finir les sangsues ont un mode de déplacement particulier par l'action de deux ventouses: une à l'avant, une à l'arrière ce qui donne une allure qui rappelle les chenilles. Autant dire que malgré le dégout qu'en ont beaucoup de gens ce sont des animaux fascinants!

Les annélides: les clitellates

A gauche une sangsue du genre Theromyzon (qui signifie "la bête suceuse", quel nom terrible et pourtant...) portant ses bébés trop choupis (avouez) sur son ventre et à droite une très jolie Glossiphonia.



mercredi 26 janvier 2011

Les annélides "polychètes"

Les polychètes (prononcez "polikète") de poly=plusieurs et chaetae=soie sont des annélides avec des soies développées. Mais, lecteurs attentifs, vous me direz que c'est de toute façon ce qui caractérise les annélides. Ben oui, c'est pour ça que le groupe des polychètes est mal définit, c'est un groupe très certainement paraphylétique (quelques discussions persistent). En effet, on parle des polychètes en opposition aux annélides dont les soies sont très courtes voir perdues (je parlerai d'un de ces groupes dans l'article suivant), la présence de plusieurs soies est donc un caractère partagé chez tous les annélides bien que certains annélides les aient perdus! Pour plus de développement sur cette pirouette classificatoire allez voir l'article sur la phylogénie.

Les polychètes ont un grand nombre de morphologies et de modes de vie très différents.
On les sépare usuellement en deux modes de vie: polychètes errantes qui se déplacent activement et les polychètes sédentaires qui ne se déplacent pas ou très peu.
Chez les polychètes errantes on distingue des polychètes benthiques (c'est à dire vivant au fond) et des polychètes pélagiques (c'est à dire vivant entre le fond et la surface). La plupart des polychètes errantes sont des prédateurs avec des organes sensoriels très développés comme des cires (organes en forme de tentacules) qui permettent de toucher l'environnement et des yeux. Les mâchoires, parfois chitineuses (durcies) en forme de mandibules peuvent êtres assez puissantes et parfois même déversent du venin. J'ai d'ailleurs taquiné une fois un polychète pour qu'il me morde et effectivement y'a de la force dans ces petites mâchoires. Heureusement, il était petit. Alors? Vous attendiez vous à ce que des cousins des vers de terre soient de terribles prédateurs? Les polychèrtes errantes ont, pour beaucoup d'entre eux, sur chaque métamère des "parapodes". Ce sont des formes d'extensions qui font offices de petites papattes ou nageoires pour se déplacer. Les parapodes portent des soies. Souvent, la métamérie des polychètes errantes est homonome.
Et chez les polychètes sédentaires il y a deux grands types: les tubicoles et les fouisseurs. Les fouisseurs vivent dans le sédiments: ils creusent le sable ou la vase et d'y logent. Les tubicoles vivent dans des tubes qu'ils secrètent. Souvent leur métamérie est hétéronome.

Toutes ces distinctions, vous l'aurez compris sont justes descriptives et ne sont pas phylogénétiques. Je vais maintenant essayer de vous présenter quelques types d'annélides particuliers:

Commençons par les annélides polychètes sédentaires:

-L'arénicole est une annélide bien connue des étudiants et des pêcheurs. Cette annélide qui peut atteindre plusieurs dizaines de centimètre est fouisseuse. Elle vit dans un tube en J. L'anus étant proche de la surface et la bouche plutôt vers le bas du tube, notre amie l'arénicole créé un courant d'eau et va ingérer les particules de sable. Elle va alors se nourrir des particules organiques déposées sur le sable et rejeter le sable en faisant des petits monticules en forme de heu... Troubidious... C'est ce qui me vient à l'esprit comme mot...

Les annélides: les polychètes

A gauche une arénicole, à droite les traces d'une arénicole avec à gauche la dépression créée par l'absorption du sable et à gauche le troubidiou créé par le rejet.

-Les sabelles et serpulides. La sabelle vit dans un tube formé de sable aggloméré dans du mucus. Les serpulides, que l'on trouve souvent sur les coquilles d'huitres ou sur tout autre support solide, vivent dans des tubes en calcaire. Les sabelles portent des tentacules autour de la bouche appelées radioles. Ces radioles sont en forme de peignes, on dit qu'elles portent des pinnules. Ces structures vont permettre de créer des courants d'eau facilitant le transport et la prise des particules alimentaires en suspension dans l'eau. Les particules vont êtres acheminées des pinnules aux radioles. Des sillons de taille différentes vont acheminer alors les particules de taille différente et les trier: les petites vont être ingérées, les moyennes utilisées pour le tube et les trop grosses, c'est pas bon, faut les rejeter (faut dire que ces délicats vers ont la fine bouche). Ces timides animaux cachent leurs panaches dès qu'ils sont inquiétés. Comme ceux dans Avatar (voir article précédent), quelle imagination ce James Cameron!

-Les terebellides ont une toute autre stratégie. Ces polychètes se logent dans le sédiment soit en creusant un tube, soit en se logeant dans un tube permanent (comme quoi la distinction entre "fouisseur" et "tubicole" n'est pas bien nette! Seule les distinctions phylogénétiques sont non ambigües! Comment ça je dis ça seulement parceque je suis cladiste? bon, oui, un peu...). L'annélide étend ses tentacules directement sur le sédiments et va acheminer les particules jusqu'à sa bouche. En cas d'embêtement, les tentacules peuvent être rétractés.

Les annélides: les polychètes

A gauche les tentacules d'un térébellide. A droite le magnifique panache d'une sabelle.

Passons maintenant aux annélides errantes:

-L'adorable aphrodite ou souris de mer est une annélide errante qui ressemble à une adorable boule de soies (ben oui, "poil" c'est réservé aux mammifères). Mais ce n'est pas tout, ses soies reflétant la lumière prennent des reflets bleu ou vert très jolis. Cet animal à l'aspect paisible et à l'air adorable est en fait un terrible prédateur qui peut s'attaquer à d'autres polychètes parfois plus grosses qu'elle.

-Les vers de feu d'autres polychètes errantes benthique. Certaines sont urticantes et portent des couleurs chatoyantes d'où le nom "vers de feu". Ce sont des prédateurs. Je vous en parle surtout parceque ce sont des animaux somptueux.

Les annélides: les polychètes

A gauche une aphrodite, à droite un ver de feu.

-Le genre Tomopteris, une forme errante et pélagique cette fois ci. Prédateurs de plancton. Ces animaux doivent avoir une grâce incomparable (les cténophores étant hors catégorie) lorsqu'ils nagent...

-Les vers à écailles, encore des prédateurs. Ce qui est interessant c'est les plaques qu'ils portent sur leur face dorsale appelées élytres. Hey oui! Comme chez les coléoptères! Bon, évidemment, ce ne sont pas des ailes modifiées mais ce sont aussi très probablement des plaques protectrices. Est-ce une convergence? De loin ça y ressemble! La question est de savoir à partir de quand parle t'on de convergence? Cet exemple (à mon sens) montre que la convergence est une notion arbitraire et donc dure à définir naturellement... Enfin, sur la notion de convergence il y aurait des tonnes de choses à dire!

Les annélides: les polychètes

En haut un ver à écailles (remarquez les élytres) et en bas un gracieux Tomopteris.

-Et pour finir, la surprise après tant de grâce, le Chaetopterus pugaporcinus que je surnomme le "ver obscène". "Chaetopterus" signifie "nageoires soyeuses", c'est un genre de polychètes, jusque là pas de problème. "pugaporcinus" par contre signifie "qui ressemble à l'arrière d'un cochon". En effet le nom vernaculaire de cette drôle de bestiole est "ver cul de cochon" ou "pigbutt worm"... Et un rapide coup d'œil rappelle effectivement quelque chose de ce genre. Quoi que l'on peut même interpréter ça encore differement... Mais je ne vous ferait pas de dessins (il y a la photo), à vous de faire marcher votre imagination! Je l'aurais trouvé adorable (avec ses formes boudinées) s'il ne me rappelait pas immanquablement d'autres choses avec usuellement une connotation moins adorable... Bref, passons les commentaires, avec lui on pourrait continuer longtemps... Malgré cette forme obscène on a bien une annélide. En fait l'étude de sa morphologie révèle sans trop d'ambigüité que le Chaetopterus pugaporcinus est très proche d'un genre de vers tubicoles très particuliers: les chaetoptères (prononcez "kétoptère"). Les chaetoptères ont une morphologie déjà très particulière avec une métamérie hétéronome très marquée. Les chaetoptères sont divisés en trois parties avec des segments spécialisés: antérieure, centrale et postérieure. Imaginez maintenant un chaetoptère "normal" dont vous raccourcissez la première partie, dont vous gonflez énormément le premier segment de la partie centrale, dont vous compressez les segments centraux restants et dont vous réduisez à un le nombre de segments postérieurs. Vous obtenez un truc en forme de bulbe dont les segments centraux compressés forment des cercles ovales en forme de lèvres (quoi? qu'est-ce que j'ai dit?). Voici les secrets de cette forme si étrange mais pas si étrange que ça finalement si on fait un peu d'anatomie. Le ver cul de cochon est pélagique, c'est donc une annélide errante. Notre obscène ver vit à plus de 1000 mètres de profondeurs. Il se nourrit de la neige organique: toutes les particules organiques venant de la surface et coulant vers le fond. Avec un "filet de mucus" (hey oui, on en finit pas... >_<) il va capter ces particules pour les mener à sa bouche. Ce mode de nutrition est similaire à celui des appendiculaires. Apparemment ils seraient bioluminescents (bon, là c'est dur d'avoir des idées mal placées...). En fait cette forme arrondie est due à un stress qui le fait se contracter, l'animal décontracté ressemble plus à une saucisse (ou à un petit boudin). Mais avouez, c'est bien plus rigolo de le voir en boule! Puis quelques mystères persistent quand même: on ne sait pas bien si cette forme est une forme larvaire ou adulte vu qu'il présente un mélange des caractères... J'aurais proposé de regarder le nombre de soies pour savoir mais chez les annélides c'est peut-être un peu différent...

Voici un article décrivant l'espèce: Description and Relationships of Chaetopterus pugaporcinus, an Unusual Pelagic Polychaete (Annelida, Chaetopteridae)

Les annélides: les polychètes

A gauche un Chaetopterus pugaporcinus et à droite un chaetoptère plus "classique". Remarquez les trois partie avec la partie antérieur finissant par une espèce de collier et la partie postérieure formée de segment petits et très resserrés.

Les annélides "polychètes" sont des:
-Bilatériens (On va toujours commencer par là maintenant, puisque dans le blog on ne parlera plus que de bilatériens)
-Protostomiens
-Lophotrochozoaires
-Eutrochozoaires
-Spiraliens
-Annélides

Les annélides: les polychètes

Finissons avec une des magnifiques planches d'Haeckel qui montre à quel point les polychètes peuvent inspirer les artistes...

dimanche 2 janvier 2011

Les annélides

Avant de vous parler des annélides (allez, ne soyez pas trop impatients!) je vais les resituer (et resituer par la même occasion plein de monde) dans la classification. Parce-que là on fait un bond dans la classification justement, les annélides appartenant à des groupes conséquents je ne peux pas passer sous silence ces groupes.

Bon, déjà les annélides (et plein d'autres de nos amis dont nous même) sont des bilatériens. Ce qui signifie qu'ils ont deux cotés. Ben oui, vous avez un (et un seul) axe de symétrie. Bon pour la provoc' disons que les bilatériens sont fondamentalement des vers, vous compris, c'est à dire des animaux avec un avant portant la bouche et un arrière portant l'anus. Hey oui! jusque là on avait des animaux sans avant ni arrière. Mais qui dit axe antéro-postérieur (d'avant en arrière) dit droite et gauche! Donc les bilatériens ont deux cotés. Ha oui, on associe aussi les bilatériens à un autre caractère: la présence de trois feuillets embryonnaires. Je présente brièvement cette notion dans l'article sur les échinodermes. Donc tous les bilatériens sont triploblastiques, c'est à dire qu'ils ont trois feuillets embryonnaires.

Allez, vous voyez, ça va vite. Ensuite les annélides sont des protostomiens. Protostomien vient de proto=premier et stomo=bouche, ce qui veut dire que l'orifice de l'embryon qui donnera le tube digestif (ou Blastopore de blasto=germe, pousse et pore=passage, orifice... Avouez que c'est mignon le bébé orifice!) donne la bouche. c'est ensuite que l'anus se formera. Certains diront que de toute façon ce serait dégoutant si l'anus se formait en premier et bien pauvres fous! C'est votre cas chers deutérostomiens (moi je m'en fou je suis un mollusque)! Mais y'a pas que ça: le système nerveux est ventral et le tube digestif est dorsal. L'inverse de nous quoi! Sisi! Vérifiez la prochaine fois que vous mangerez des langoustines (en général manger des fruits de mer avec moi finit par "bon Nicolas, tu nous gonfle là, on l'a vu ton ciripode!")! Autant vous dire que ça excité les naturaliste. Ha une mise au point au cas où: il n'y a pas de raisons a priori de penser que les deuterostomiens (nous) soient l'inverse des protostomiens (annélides, mollusques, arthropodes (=insectes, araignées, crustacés)) ou le contraire.

Bon, les annélides sont des lophotrochozaires. Outre la beauté ultime de ce moi qui signifie "animaux à panache ou à roue" parce que c'est vrai qu'il faut du panache pour porter ce nom il n'y à pas grand chose à dire sur ce regroupement obtenu par la comparaison de l'ADN. Sur la morphologie on ne trouve donc pas bien ce qui les rassemble. Mais ils regroupent les Lophophorates (la page en lien contient les trois groupes de lophophorates), ces fameux animaux à panache dont je parlerait plus loin et les eutrochozoaires comprenant les annélides.

Les eutrochozoaires sont les "vrais animaux à roue". La larve (qui, soit dit en passant, est l'incarnation de la mignosité absolue (ouais bon, je dis ça pour un animal sur deux et une larve sur deux mais ils sont tous absolument mignons!)) euh... Je me pomme moi avec ces parenthèses interminables. La larve donc, en forme de toupie porte une petite roue (ou anneau ou prototroche si vous voulez vraiment vous la peter) de cils qui vont lui permettre de se déplacer en milieu aquatique. Puis pour achever son aspect trop kawai elle a en plus une "touffe apicale" sur le dessus: une touffe de petits cils trop mignons. Bon évidement il y a plein de représentants des eutrochozoaires qui ne passent pas par ce stade.

les annélides
Schéma d'une larve trochophore. A gauche on voit la bouche et en bas l'anus.

Les annélides sont aussi des spiraliens (allez, on approche de la fin). Ce groupe est cependant très discutable mais bon, c'est dans le bouquin "la classification phylogénétique du vivant" alors je ne vais pas trop vous embrouiller. Les cellules de l'embryon se divisent de telle manière qu'on a l'impression qu'elles sont organisées en spirale.

Enfin nous voici arrivés aux annélides (Hey! cachez votre joie! un peu de retenue voyons!). Les annélides ou "vers annelés" représentent un groupe très important et ayant surtout une diversité morphologique et écologique étonnante. Vous en connaissez forcément certains: les vers de terre et les sangsues. "Beurk" direz vous. Déjà non, les sangsues et les vers de terre c'est adorable (surtout les sangsues!) et il y a des annélides vraiment magnifiques. James Cameron en a même glissé dans Avatar pour vous émerveiller. Brefs, les annélides sont si diversifiés que je les qualifierait de trou noir phylogénétique happant toutes les créatures bizarres passant à proximité. Je développerais dans d'autres articles les annélides vraiment méconnaissables comme les échiuriens, les myzostomides, les pogonophores et peut-être même les sipunculiens. Bon, outre ces groupes très particuliers, les annélides sont définis par un certain nombre de caractères (tellement modifiés dans certains groupe que ces caractères sont quasiment impossibles à déceler).

les annélides

Comparaison entre les créatures "imaginaires" (on ne la fait pas aux zoologistes) de James Cameron et une annélide spirographe. Maintenant vous êtes obligés d'avouer que les annélides ça peut être très joli.

Les caractères des annélides sont donc: La métamérie: une notion très importante en zoologie! Ouvrez bien grand vos yeux (sur le blog vous pourrez ouvrir tant que vous voudrez les oreilles (c'est déjà pas facile) vous n'entendrez rien). La métamérie de méta=succesion et mère=partie sont des parties successives. un métamère est une unité fonctionnelle fondamentale qui porte tout ce qu'il faut: des organes excréteurs (comme nos reins pour filtrer les déchets des fluides organiques), une partie du tube digestif, des ganglions nerveux, par paire chez les annélides et reliés chacun par de cordons nerveux de métamères en métamères. Un vrai métamère porte une cavité coelomique (allez, c'est aussi expliqué brièvement dans l'article sur les échinodermes. De toute façon les échinodermes sont tellement extraordinaires que vous ne pouvez pas vous en lasser). Puis le métamère va éventuellement porter des branchies, des appendices et initialement chez les annélides, chaque métamère va porter des soies (comprenez poils mais on réserve ce terme aux mammifères). On suppose que l'ancêtre des annélides avait tous ses métamères identiques. On parle de métamerie homonome de homo=même et nom=règle. Mais chaque metamère pouvant se modifier indépendamment au cours de l'évolution, on trouve une métamérie hétéronome (hétéro=différent) en général, c'est à dire que tous les métamères ne sont pas identiques. Et là vous comprenez, tout s'éclaire, youhou, vous comprenez enfin le sens de la vie, les annélides sont annelés parce qu'ils sont constitués de métamères! Chaque métamère étant un anneau. Évident non?

les annélides

Voici les métamères d'une Nereis. Bon, on voit pas à l'intérieur mais faites moi confiance. Remarquez que les métamères sont identiques (au moins sur cette portion). Remarquez aussi les extensions ou "parapodes".

Puis bon, les annélides en plus d'une métamérie prononcée (sauf pour certains) et la présence de soies, ont un système circulatoire fermé. C'est à dire que le système circulatoire forme une boucle. A l'inverse chez les organismes à système circulatoire ouvert comme les insectes, les vaisseaux débouchent dans une cavité, c'est à dire que tout le système circulatoire n'est pas délimité par des vaisseaux. Nous aussi, vous vous en doutiez avont un système circulatoire fermé, mais comme nous n'avons pas vraiment le même système circulatoire que les annélides c'est différent: en effet, l'ancêtre des annélides et de nous n'avait pas de système circulatoire fermé! Les deux lignées: la nôtre et annélides (et les céphalopodes) ont acquis ce caractère indépendamment. On parle de convergence évolutive.

Bon, je vous l'accorde, cet article était très long! Mais il fallait bien replacer les annélides dans la phylogénie! Puis au final je n'ai pas tellement parlé des annélides. Mais ne pleurez donc pas (comme je compatis) deux articles suivent! Youpi!!!! Et encore d'autres pour les annélides très modifiés. Vous verrez, c'est un groupe vraiment plein de surprises!

Les annélides sont des:
Métazoaires
Eumétazoaires
Bilatériens
Protostomiens
Lophotrochozoaires
Eutrochozoaires
Spiraliens
Annelides


les annélides

Et voici une photo d'une Nereis entière, la star des annélides à l'université. Regardez cette allure gracile et ses mouvements ondulés et osez me dire que c'est pas magnifique. Comment ça c'est qu'un ver répugnant? Sortez de mon blog tout de suite vous qui n'avez pas la sensibilité du zoologiste! Remarquez surtout les soies portées sur chaque métamères.

samedi 25 décembre 2010

Les cténophores ou cténaires.

"Les cténophores sont parmi les plus élégantes et gracieuses créatures de la mer, et les observer dans leur habitat naturel est une expérience mémorable" Voici comment Brusca et Brusca dans leur livre "Invertebrates", un gros bouquin sérieux et dont la ligne de conduite est la neutralité du scientifique concluent leur introduction sur les cténophores. Autant dire que ce sont parmi les plus beaux animaux... En concurrence avec les nudibranches (en les annélides..)! Les cténophores (aussi appelés cténaires) font penser à des OVNI (ou OMNI: Objets Mous Non Identifiés), parcourus de lumières multicolores et à la forme étrange, ces habitants des mers rappellent, pour certains superficiellement les méduses. Ils ont été placés avec les cnidaires dans le groupe des coelentérés ("intestin creux", oui la pertinence de ce nom est discutable). Cependant au final, à part l'aspect gélatineux il ne semble pas y avoir d'arguments morphologiques pour les classer ensemble. En fait, leur position relative aux bilateriens, spongiaires et cnidaires dans la classification est inconnue et à peu près tout a été proposé. Les cténaires se déplacent avec une immense grâce (dans la classification comme dans les mers) et sont des animaux d'une incroyable délicatesse, il suffit de toucher certains pour les déchirer. Autant dire que maintenant que j'ai vu des chétognathes, mon rêve est de voir des cténophores nager... La diversité de leur forme est elle aussi incroyable.

Cténophore signifie "porteur de peigne" de cteno=peigne et phore=porter. En effet, ces délicats organismes portent fondamentalement huit rangées de cils arrangées en peignes ou "ctènes" qui battent de manière périodique donnant une impression de vaguelette sur cette rangée. Mais outre ce gracieux mouvement de cils le plus émouvant est l'effet produit. Ces myriades de cils reflètent une couleur qui varie en fonction de l'angle du peigne. Cela donne donc l'impression que des bande de couleurs différentes parcourent l'animal. Aucun doute là dessus, nos amis les cténaires ont un sacré sens de l'esthétisme! Les cténophores pour la plupart portent aussi deux bras ou tentacules qu'ils peuvent rétracter dans des "gaines tentaculaires".

Mais ne vous fiez pas à leur envoutante beauté, les ctenophores sont des prédateurs et certains ressemblent même à une bouche géante garnie de deux grosses lèvres (C'est pas pour faire des bisous, mais j'aimerais bien!) comme les Beröe. Si les cnidaires ont leur cellule vedette le cnidoblaste, les cténaires ont aussi la leur: le colloblaste. Répartis sur les tentacules (si il y a des tentacules), les proies vont se retrouver collées à la sécrétion collante de la cellule puis la proie va être menée à la bouche. Comme les cnidaires ou les échinodermes, les cténophores n'ont pas à proprement parler d'avant et d'arrière mais un axe oro-aboral c'est à dire de la bouche (face orale) jusqu'au coté opposé à la bouche (face aborale). Les cténaire n'ont pas d'anus mais certains ont deux pores anales sur la face aborale.

La plupart des cténophores sont hermaphrodites. la reproduction est dans la plupart des cas sexuée mais il existe des cas de reproduction asexuée. Certains cténophores retiennent les œufs et les embryons jusqu'à ce qu'ils atteignent le stade larvaire appelé "Cydippide". Tous les cténophores passent par ce stade... ... ... ... ... ... Ouais, pas tous, vous deviez le sentir venir... Les Beroida jouent les rebelles. La larve Cydippide ressemble grosso modo à un cténophore miniature avec la plupart des structures déjà en place... Ça doit être trop meûgnon!

En parlant de la face aborale, les cténophores y portent l'organe apical (apical voulant dire "au bout", "à l'extrémité"). Cet organe porte un statocyste ou organe d'équilibration. Il y a une "boule" calcaire ou statolithe qui va se déplacer selon l'angle de l'animal. Quatre balanciers constitués de cils sont reliés à cette boule. Lorsque la boule se déplace, le balancier est excité ("Alerte! Alerte! on penche! redressez le vaisseau!"). Chaque balancier étant relié à deux rangées de peignes, quand le statolithe penche, les peignes répondent instantanément et notre magnifique OMNI se redresse.

Ces animaux en plus d'une morphologie étrange et particulière ont en plus une grande diversité morphologique:

-Les cténaires du genre Pleurobrachia de forme sphérique, on les considère parfois comme des cténophores types (allez savoir ce que ça signifie, mais disons que ça veut dire qu'ils représentent, sans ambigüité, les caractéristiques partagées des cténophores). Ils nagent gracieusement avec leurs rangées de peignes tout en trainant leurs deux longs tentacules, espérant attraper de la nourriture.

Les cténophores ou cténaires.

Un Pleurobrachia aux milles couleurs.

-Les cténaires du genre Beröe dont j'ai déjà parlé ont une forme de gros sac ovale et béant qui ingèrent goulûment leurs proies. cette fois ci les tentacules sont absents.

Les cténophores ou cténaires.

Un Beröe .

-Les cténaires de l'ordre Cestida en forme de (très beaucoup) gracieux ruban. Ces animaux à l'extrême délicatesse (plus délicat y'a pas, cherchez pas). Ces animaux sont en quelque sorte formés de deux grandes expansions. La bouche reste "en bas au milieu" (sur la face orale), ce qui est contre-intuitif (Je me suis longtemps demandé où était leur bouche). Ils peuvent dépasser le mètre.

Les cténophores ou cténaires.
Un Velamen.

-Les cténaires du genre Coeloplana. J'imagine à quel point les zoologistes ont du s'arracher les cheveux là dessus. En effet, ils ressemblent à s'y méprendre à des plathelminthes. Bon, pas de quoi fouetter un chat avec les tentacules, un peu d'anatomie et le mystère est levé. La forme reste cependant atypique! Mais certains zoologistes ont pensé que c'etait un stade intermédiaire entre les cténaires et les plathelminthes (c'est pas grave c'etait de vieux zoologistes, ils avaient le droit de parler de formes intermédiaires à cette époque)!

Les cténophores ou cténaires.
Deux coeloplana. Dur de penser à des cténophores non? Pourtant ces filaments que vous voyez ne sont rien d'autre que les tentacules!

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus que les cténophores sont magnifiques (mais vous êtes fous!) voici une vidéo qui devrait vous convaincre: -->cliquez ici<--

Puis je n'arrive pas à résister à signaler que j'ai l'immense chance de faire mon stage de Master 2 sur la phylogénie des cténophores! Youhou! (Mon entrain pour d'une: la beauté des cténophores, de deux: mon stage explique probablement la longueur de cet article...


Les cténaires sont des:
-Métazoaires
-Eumétazoaires
-Cténaires

Les cténophores ou cténaires.
Une dernière image (il faut bien finir l'article avec une image) d'un cténaire de l'ordre des Lobata et du genre Ocyropsis.

mardi 21 décembre 2010

Les cnidaires: les anthozoaires.

Anthozoaire signifie "animaux fleurs". Le nom était tout choisis puisque ce groupe désigne des animaux que vous connaissez bien: ce sont les coraux et les anémones de mer. Tiens, "anémone" réfère d'ailleurs aussi à une fleur! Vous maitrisez maintenant bien la biologie des cnidaires (sinon retour aux articles précédents... Et que ça saute!) vous vous douterez donc que ces animaux, généralement fixés sont la forme polype du cycle. Ceux qui ont très bien suivit demanderont alors "hey ouais mais vite, vite! moi je veux savoir à quoi ressemble une méduse de corail! Est-ce que c'est aussi joli?". Et ben non, et pour cause les anthozoaires ne possèdent pas de phase méduse. "Hey mais c'est de l'arnaque t'avais dit qu'il y avait deux phases!" Oui ben hein, on est en biologie y'a souvent des exceptions! Bref, les anthozoaires représentent le groupe le plus important des cnidaires avec, à la grosse louche, 6000 espèces sur 9000 voir 11000 de cnidaires. "Hey bouuuuh! En gros le cas général c'est pas de méduses, le cycle polype/méduse est pas classique!" Mais c'est pas bientot fini? Bon, ok, j'y reviendrai à la fin de l'article, tu as gagné "lecteur attentif et critique hypothétique"... Bon, les anthozoaires sont de magnifiques organismes. Mais s'il n'y a qu'une phase polype y a t'il seulement de la reproduction assexuée? Et bien non! La reproduction sexuée existe tout à fait! Mais la reproduction asséxuée aussi. Je prend les devants: oui, ça ne colle pas avec le schéma classique. "ok". La forme polype étant la seule forme, ces organismes forment parfois des colonies de grande taille et qui toutes ensembles forment des récifs comme la célèbre barrière de corail. Mais d'autres sont solitaires comme les anémones.

Les anthozoaires portent des tentacules au nombre de 8 ou en multiple de 6. Le coelenteron (la cavité digestive) y fait une escursion: des extensions du coelenteron passent dans les tentacules. On parle d"actinopharynx" ou "pharynx en étoile" (décidément, ces animaux sont gâtés pour les termes poétiques). Beaucoup d'anthozoaires présentent un "test calcaire": un "squelette" externe en calcaire. Du coup on connait pas mal de d'anthozoaires fossiles puisque les parties dur fossilisent relativement bien. On peut citer par exemple les tabulés, relativement présents dans le registre fossile de certaines périodes et d'autres formes encore comme les tétracoraliaires. Comme certains le savent probablement déjà, certains coraux (pas tous) vivent en association avec des algues unicellulaires. Association du même type que l'hydre (voir l'article sur les hydrozoaires).

Les anthozoaires se divisent en trois groupes: les octocoralliaires, les hexacoraliaires et les cérianthes:

Les cérianthes ou "anémones tubes" sont similaires aux anémones (ce n'en est pas) mais sont allongées et vivent dans un tube en général enfoncé dans les sédiments mous (vase, sable etc.). Le tube est formé de mucus. La bouche est entourée de petits tentacules et autour il y a de plus longs tentacules. Cérianthe signifie rayon fleur (encore de la poésie, décidément...) car les tentacules ont une disposition rayonnée... (photo en bas à gauche)

Les octocoralliaires de octo=huit et coralliaire=... corail, simplement! sont des anthozoaires avec 8 tentacules pinnulées ce qui veut dire que les tentacules sont ramifiés et portent elle même des "mini tentacules" de chaque coté. Ces anthozoaires ayant 8 tentacules, il y a 8 "mesenterons" ou ramifications de la cavité digestive. La plupart des groupes d'octocoralliaires sont coloniaux mais il existe des cas de polypes isolés. Ce sont des formes à corail pour certaines (image d'un gorgonacé en bas à droite). On y trouve aussi les pennatules ou les vérétilles. Les pennatules sont de très jolies colonies "molles" en forme de plume (penn=plume) où les polypes sont spécialisés comme chez les hydrozoaires. Les pennatules sont plantées dans le sédiment mou. On dirait alors que le fond de la mer est délicatement paré de plumes (photo en haut à gauche)!

Chez les hexacoralliaires (de hexa=6), les tentacules ne sont pas toujours au nombre de 6 mais d'un multiple de 6 (je ne vais pas vous rappeler les multiplications quand même). Les "vrais coraux" sont des hexacoraliaires (C'est un peu la lose pour ces pauvres octocoraliaires d'être rabaissés au titre de "faux coraux"). Mais il y a aussi les anémones (le premier qui me parle de Nemo, que oui, il vit dans les anémones, je lui met une grosse anémone garnie de cnidocytes dans l'oeil. Photo en haut à droite). Donc comme vous le voyez il y a des formes coloniales et solitaires. mais saviez vous que l'anémone était capable de se déplacer en rampant avec son "disque aboral" (la partie collé au fond quoi)? Mais mieux encore, au prix d'un effort probablement sur-anthozoen (le qualifier de surhumain serait de l'anthropomorphisme mal placé et il faut rester poli avec nos délicats amis les anthozoaires) sont capables de nager! Allez donc voir cette vidéo -->cliquez ici<--! Tous les anthozoaires ne sont donc pas toujours attachés au fond!

Allez, réflechissons un peu à la question ouverte au début: les cnidaires ont-ils initialement les deux formes: polype et méduse ou ont-ils initialement seulement la forme polype? Cela ne dépend absolument pas du nombre d'espèces qui sont dans un cas ou dans l'autre! Donc ce n'est pas parceque la plupart des cnidaires ont seulement une phase polype que ce n'était pas le cas de leurs ancêtres. Si les cnidaires avaient vraiment les deux phases au départ on peut alors considérer que les anthozoaires ont la phase méduse tellement réduite qu'elle a disparu. Dans ce cas les anthozoaires serait un cas particulier de la vie à deux cycles! En fait les discussions sont encore en cours. Dans ce blog je n'ai présenté qu'une des visions possibles. Certains auteurs estiment que les cnidaires sont tous une forme particulière d'hydrozoaires et que le groupe des hydrozoaires n'est donc pas bien définit (groupe parahylétique). Dans ce cas là, les cnidaires auraient tous, au moins au départ, les deux phases. D'autres auteurs, à l'inverse, pensent en fait que les anthozoaires n'ont jamais eu de phase méduse. Dans ce cas là les cnidaires seraient tous des anthozoaires particuliers et les anthozoaires seraient mal définis. En gros... Ben ça reste à préciser!

Ho, j'allais oublier avant d'en finir avec les cnidaires. on suppose aujourd'hui très fortement qu'un groupe d'affinités jusque là incertaines appelés "myxozoaires" seraient des cnidaires. Pendant longtemps on n'a même pas été sûr que c'etait des animaux. Mais certaines structures font furieusement (imaginez une méduse toute furieuse!) penser à des cnidocytes, les cellules emblématiques des cnidaires. Leur présentation sera probablement pour plus tard dans le blog.

Les anthozoaires sont des:
-Metazoaires
-Eumetazoaires
-Cnidaires
-Anthozoaires