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dimanche 16 septembre 2012

Les entoproctes ou kamptozoaires.

Pour faire original par rapport à l'article précédent sur les némertes, les entoproctes représentent eux aussi un groupe dit « mineur » (bien que pas si rare) et très peu enseigné. S'il fallait vraiment vous les décrire (qu'est-ce que je ne ferais pas pour vous hein), je dirais que ce sont de petits organismes, pas plus grands que quelques millimètres, en forme de calice, solitaires ou coloniaux. C'est à dire qu'ils sont en forme de « verre à vin ». Ils sont fixés, pour les pauvres solitaires, à un pied puis un pédoncule relie ce pied à une forme de bol entouré d'une couronne de tentacules entourant la bouche ET l'anus. Le nom entoprocte signifie justement ça : ento signifiant dedans et procte signifiant anus. Et dedans quoi ? L'anneau de tentacules. Pourquoi insister là dessus ? Parcequ'un autre groupe considéré auparavant comme proche (ensuite séparé et pour tout vous dire, récemment proposé comme finalement proche... Oui la phylogénie c'est aussi compliqué que décrire un entoprocte), appelé ectoprocte (pour anus en dehors de la couronne de tentacules cette fois-ci). On considérait ectoproctes et entoproctes comme proches et on les mettait dans le groupe des « bryozoaires » qui signifie « animaux mousse) simplement parce que ces petits animaux, recouvrant des surfaces rappellent les mousses. Imaginez quand même que jongler entre les deux mots « entoprocte » et « ectoprocte » est un exercice difficile... Tout comme les décrire ! Comme nos deux compères à l'anus en dedans et en dehors ont ensuite été séparés, il a bien fallu faire quelque chose du mot « bryozoaire ». Il a donc été considéré comme exclusif à « ectoproctes » (pas les stars de cet article qui sont, pour insister, les entoproctes !). Par ailleurs on appelle aussi les entoproctes « kamptozoaires », "kampto" signifiant "courbé" probablement en référence au tube digestif en U. Ce mot a le mérite de ne pas être facile à confondre avec « ectoprocte ». Maintenant donc que je vous ai bien embrouillé, je vais utiliser plutôt le mot kamptozoaire, ce sera plus simple. Les ecto... heu... ento... les kamptozoaires donc sont des heuuu ben voilà, je ne sais plus où je voulais en venir...

Les entoproctes = kamptozoaires
Voici donc ces drôles d'animaux. Ne ressemblent-ils pas à des fleurs ?

Comme dit plus haut, les kamptozoaires, sont des organismes ou solitaires ou coloniaux. Sans entrer dans les détails philosophiques (qu'est-ce qu'un individu ? Quand parle t-on de colonie ? Peut-on avoir un kamptozoaire de compagnie ?), cela signifie que certains kamptozoaires vivent reliés entre eux par un "stolon", c'est à dire une structure éventuellement en contact avec le substrat (le sol ou un autre organisme) qui relie les individus. La reproduction sans sexe (ne vous en faites pas, ils pratiquent aussi la reproduction sexuée, j'y reviendrai) se fait d'ailleurs parfois aussi par bourgeonnement du stolon, c'est comme ça qu'on a des colonies. Ce bourgeonnement se fait aussi au niveau du pédoncule, c'est à dire de la tige. Et chez certaines espèces c'est au niveau du calice (le "bol" ou la "fleur" comme on veut) que s'effectue la reproduction asexuée. J'en ai d'ailleurs profité pour vous nommer les trois zones des entoproctes. Evidement les individus solitaires n'ont pas de stolons et le pédoncule est fixé par un disque adhésif. Il existe une structure "le complexe de cellules étoilées" qui permet la circulation des fluides entre le pédoncule et le calice, c'est en quelque sorte le coeur (nos amis ont beaucoup de coeur... Surtout pour les grosses colonies...). Ce sont des organismes acoelomates, c'est à dire qu'il n'y a pas de cavité interne creusée par le mésoderme, tout est rempli de "mésenchyme". Le pédoncule est la partie "constante" de l'organisme, capable de régénérer un calice. Cependant c'est le calice qui porte les organes principaux, c'est plus ou mois le corps de l'animal, c'est là que débouchent la bouche et l'anus. Il est entouré de tentacules ciliés qui en battant vont amener la nourriture en suspension dans l'eau à la bouche. Ce sont donc des organismes "suspensivores". Ah oui et donc ce sont des organismes strictement aquatiques (j'oublie parfois de commencer par le plus important) ! Le tube digestif en forme de U se situe donc uniquement dans le calice. On y trouve aussi un ganglion nerveux. Cependant le système nerveux n'est pas cantonné au calice et, fougueux comme il est, va s'aventurer jusque dans pédoncule pour innerver les muscles de ce dernier. Il y aurait même des témoignages disant que le système nerveux, sous forme de plexus (de réseau quoi) va jusqu'au stolon. Mais ça n'aurait pas été vu chez toutes les espèces. Encore une fois pour des animaux végétant et à forme de végétaux il y a des muscles, un tube digestif touça, touça. Seule une espèce Loxosomella davenporti, le grand explorateur des kamptozoaires a été surpris à se déplacer activement. 

Les entoproctes = kamptozoaires
Voici un schéma récapitulant la morphologie des kamptozoaires.

Venons en un peu justement à la biologie de ces organismes ! Comme je l'ai dit ce sont des organismes aquatiques, pour la plupart du temps sessiles (c'est à dire immobiles), sauf l'espèce cité juste avant. Tous les kamptozoaires sont marins. Tous ? Non ! Un genre résiste encore et toujours à la règle générale en biologie (oui ce n'est pas la première fois que je la fais cette blague mais elle est trop tentante) : le genre Urnatella ! Quand je vous disait que malgré leur air humble nos amis sont de grands explorateurs (en tout cas ils essayent). Les organismes filtreurs sont souvent fixés, en effet, il suffit juste de récolter les particules en suspension dans l'eau (donc ça les contrait aussi à être aquatiques). Cependant se déplacer c'est bien aussi pour se disperser et trouver des endroits plus propices. Il y a la solution bourrine, vraiment se déplacer comme Loxosomella davenporti. La solution envahissante : créer une colonie qui s'étend. Et la solution subtile : utiliser un véhicule. Beaucoup de kamptozoaires sont en effet des "épibiontes" c'est à dire qu'ils vivent sur d'autre animaux comme les siponcles ou les annélides. D'autres ont même l'idée étrange de squatter des organismes qui ne se déplacent pas (mais doivent offrir une certaine protection) comme les bryozoaires (vous savez les ectoproctes, ceux avec lesquels on s'embrouille avec les entoproctes...). Certains kamptozoaires sont solitaires ou coloniaux... 

Les entoproctes = kamptozoaires
Urnatella, le seul kamptozoaire d'eau douce. Vous remarquerez que la diversité morphologique n'est pas ouf dans ce groupe...

Faisons alors un petit détour vers la systématique. Un article de phylogénie moléculaire publié en 2010 propose de séparer les kamptozoaires en solitaires et coloniaux, chose qui avait déjà été proposée auparavant ! Attendons que cela se confirme mais c'est intéressant. Les kampozoaires sont ensuite divisé en familles que je ne détaillerai pas mais sachez qu'elles se basent sur la présence ou pas d'un complexe de cellules étoilées, sur la musculature du pédoncule et sur la manière dont la colonie est organisée. Quant à leurs relations de parentés avec les autres animaux elles sont un peu plus floues. Si au départ ils ont été rapprochés des bryozoaires sur la base de la couronne de tentacule, le tube digestif en U et de la colonialité, ils en ont ensuite été séparés. En effet, la couronne de tentacules appelée lophophore chez les bryozoaires (et d'autres groupes) n'est pas tout à fait organisé de la même manière chez les kamptozoaires (pas du tout en fait). Ils ont ensuite été rapprochés des mollusques et des annélides dans les « spiraliens » (hypothèse de la classification phylogénétique du vivant que je donne à la fin ici). Notamment des mollusques sur la base du système circulatoire, une cuticule chitineuse mais surtout une larve rappelant les mollusques avec un pied qui permet la reptation. Cependant maintenant ils sont considérés proche des cycliophores, un groupe énigmatique découvert récemment. La morphologie de la larve de kamptozoaire rappellerait les cycliophores mais aussi la bouche. Cependant, pour rendre les choses plus compliquées, un certain nombre de caractères rapprocheraient les cycliophores des bryozoaires. Dans ce cas les cycliophores et kamptozoaires seraient proches et les bryozoaires proches de ces deux comparses. Au final, entoproctes et ectoproctes se retrouveraient proches avec comme nouvel invité les cycliophores. Les phylogénies moléculaires tendent vers cette hypothèse mais voyons ce que l'avenir nous réserve ! 

Les entoproctes = kamptozoaires
Les différentes hypothèses phylogénétiques autour des kamptozoaires.

Et bien, vous voyez, on peut en raconter des choses sur un si petit groupe... Et je n'ai pas fini, restez ! Je n'ai pas encore parlé de la reproduction sexuée et de la larve (je suis sûr que vous êtes restés jusque là pour ça petits coquinoux !). La plupart des entoproctes sont hermaphrodites, c'est à dire à la fois mâles et femelles. Sur certaines colonies on trouve cependant parfois des individus soit mâles ou femelles mais la colonie elle est hermaphrodite. Les spermatozoïdes sont lâchés dans la nature et la fécondation se fera dans l'ovaire, elle est intra-ovarienne. Donc reproduction sexuée mais pas de sexe... Les œufs sont ensuite évacués dans la cavité du calice appelée « atrium » où ils vont être incubés. Protégés dans une enveloppe, une fois la larve prête à visiter le monde cette enveloppe se rompt et la larve s'en va à l'aventure. Cette larve semblable à une larve trochophore a un tube digestif en U retourné (tube digestif ∩ chez la larve quoi). En général elle se nourrira de plancton, on parle de larve « planctotrophe » (mangeuse de plancton) mais parfois elle vie sur ses réserves, on dit qu'elle est « lécithotrophe » (mangeuse de vitellus, l'équivalent du « jaune d'œuf « ). Après avoir bien nagé pendant quelques heures pour les flemmardes à plusieurs semaines pour les plus péchues, elle se fixe au substrat (un organisme ou un support quelconque) et va l'explorer avec son organe « préoral ». Puis elle va se fixer une fois à l'aise. L'anus et la bouche vont se fermer et un évènement extraordinaire va se produire : la métamorphose. Mais pas n'importe comment ! Le tube digestif en ∩ va pivoter de 180 degrés et donc passer en U ! En voilà qui ne font pas les choses à moitié ! Ainsi le tube digestif sera orienté comme il faut ! L'ensemble du système nerveux dégénère et se reforme ! Puis entre la partie fixée et le reste va se former le pédoncule. Ouais, ça c'est pas de la métamorphose toute pourrie de têtard (comment ça je chouchoute plus les petites bêtes bizarres ?) ! Dans d'autres cas ce sera plus simplement un bourgeon qui se formera à partir de la larve et donnera le premier individu.

Les entoproctes = kamptozoaires
Illustration du développement larvaire. La photo du haut montre un individu incubant les oeufs.

Je ne peux pas, par ailleurs, m'empêcher de vous raconter à quel point il est amusant de regarder une colonie de kamptozoaires vivante. Lorsqu'un individu se sent agressé, il secoue le calice d'une manière brusque (ça donne l'impression d'un coup de tête). Cependant ce coup de tête est donné à son voisin (les individus peuvent vivre serrés sur une colonie). Ce qui va faire que le voisin va donner aussi un coup de boule qui sera transmis à son voisin etc. créant des vagues de coups de boules ! Ce qui est plus drôle c'est que parfois le premier individu à donner un coup de boule semble le faire sans raison ou juste pour embêter ses « frères » (en fait même ses jumeaux/clones puisqu'ils font partie de la même colonie) ! Voici donc la vie d'un kamptozoaire : se chamailler à coup de têtes avec ses frères toute sa vie sans raison ! Aventureux mais pas malins...

Posons-nous un peu la question de pourquoi y a t-il tant de groupes qui ne sont pas ou peu étudiés et encore moins enseignés et de ce que j'entends en général par « grand groupe ». En tant que systématicien ma vision est assez particulière et si je fais des articles entiers sur des groupes inégaux (un article sur les mammifères et un (bien plus long) sur les kamptozoaires) c'est pour une raison particulière. On parle en zoologie a niveau large de phylum ou d'embranchement. Cette notion, extrêmement discutable est pourtant pratique puisqu'un phylum ou un embranchement regroupe des organismes au plan d'organisation similaire alors qu'entre phylums, le plan d'organisation diffère. En gros, trois phyllums ont un plan d'organisation si différent qu'il est impossible à première vue, sans études approfondies, de savoir si deux parmi les trois sont plus proches entre eux que du troisième voir si l'un est inclus dans un autre. Chaque phylum est donc un groupe morphologiquement facilement identifiable même si leur importance écologique ou en nombre d'espèces change beaucoup entre phylum. Les Micrognathozoa ou les Placozoa ont tous deux une espèce en leur sein alors que les arthropodes en ont plus d'un million ! La diversité de forme chez les cnidaires ou les mollusques est gigantesque alors que chez némertes ou les kamptozoaires, c'est plutôt homogène. D'un point de vue phylogénétique la notion de phylum est-elle aussi très discutable : c'est une notion morphologique et non pas phylogénétique. Mais j'y reviendrai plus tard, lors de l'article sur les acanthocephales... Au final beaucoup de groupes comme les kamptozoaires sont considérés comme "mineurs" parcequ'ils ont peu d'espèces. Cependant comme leur morphologie est originale et unique, ils sont indispensables à prendre en compte si on veut bien comprendre l'évolution des animaux. Pas si anecdotiques au final... Tout comme cet article qui a été (encore une fois) plus long que prévu !

Les entoproctes = kamptozoaires

Les entoproctes ou kamptozoaires sont des:
-Bilateriens
-Lophotrochozoaires
-Eutrochozoaires
-Spiraliens
-Entoproctes ou kamptozoaires

jeudi 17 mai 2012

Les némertes

Les némertes sont des organismes très originaux puisqu'ils ressemblent grosso modo... A des vers. Oui, sur ce blog il va falloir vous y habituer dès qu'on parle d'animaux peu connus. Ils font en effet parti des nombreux groupes d'animaux dits "mineurs". Et oui, la plupart des groupes sont mineurs chez les animaux ! Quelle étrange appellation dans ce cas ! Ben oui, du coup ils ne sont pas mineurs ! En effet, même s'ils s'avèrent discret, dans la mer ils sont très communs dans le sédiment et sous les rochers. D'ailleurs je vais vous en poser une... Quel est le plus long animal actuel ? Enfin, si je vous demande ça ici ce n'est pas pour que vous répondiez la baleine bleue mais bien les némertes ! Oui, le record de longueur se trouve chez l'espèce Lineus longissimus qui atteint, tenez vous bien, plus de 55 mètres ! Pas mal pour un drôle de ver. Vit-il dans les abysses me demanderez vous ? Dans un océan lointain ? Pas du tout, on peut le retrouver sous les rochers à marée basse, un peu partout en Europe. Evidement 55 mètres est un record, si vous vous attelez à chercher de longs némertes vous même vous en trouverez peut-être certains de "seulement" quelques mètres de longs. Ce qu'il y a de rigolo avec ces longs némertes c'est qu'ils se mettent en boule, ainsi on ne remarque pas leur longue longueur. De véritables sacs de nœuds croyez moi. Et pourtant ils sont délicats et se cassent très facilement. Maîtres de la régénération, ces animaux ont beaucoup été étudiés pour ça, ces sadiques zoologistes allant même jusqu'à faire fusionner des bouts de némertes d'espèces différentes ! Mais ce n'est pas pour autant qu'ils sont simples et j'espère qu'à la fin de cet article je vous aurait convaincus. Ces animaux sont généralement légèrement aplatis dorso-ventralement. On les appelle d'ailleurs aussi « vers rubanés » car ils ont la forme de longs et gracieux rubans. Mais les némertes ne sont pas seulement marins et ont colonisés tous les milieux ! Ces terribles prédateurs / charognards (oui, souvent les deux vont de paire) ont investis aussi les eaux douces (ex : Prostoma graecense) et le milieu terrestre (ex : Argonemertes dendyi) ! Mieux encore, certains ont décidé d'acquérir plus de légèreté et sont capable de nager (ex : Nectonemertes mirabilis). D'autres sont même parasites (ex : Carcinonemertes errans chez certains crabes). Il n'y a donc que les airs qu'ils n'ont pas encore envahis...

Les parenchymiens: les nemertes
Voilà à quoi ressemble un némerte en position naturelle, un sacré sac de noeuds !

Les parenchymiens: les nemertes
Voici un apreçu de la diversité des némertes.

Leur caractère le plus remarquable est le "proboscis". C'est une trompe qu'ils ont usuellement à l'intérieur de leur corps et qu'ils peuvent déployer en la retournant. En gros la surface qui était à l'intérieur se retrouve à l'extérieur lorsque la trompe est déployée. Ce processus que l'on trouve chez beaucoup d'animaux est appelé "dévagination"... Et oui, l'étymologie vient bien de "vagin"... Cessez donc de ricaner tout de suite ! Cela signifie donc littéralement "retourner le vagin". Bon, ça suffit là arrêtez de pouffer ! Le proboscis, donc, est violemment expulsé sous l'effet des fluides contenus dans... Je vous surveille ! Bref, des fluides contenus dans une cavité appelée rynchocoele. Cette cavité est assez spéciale. Souvenez vous (allez, un effort) j'ai parlé plusieurs fois du concept de "coelome" sur ce blog, qui est une notion importante en morphologie des animaux. Je l'ai introduite surtout lors de l'article sur les Echinodermes. Pour court rappel il y a trois tissus d'origine embryonnaire : l'ectoderme (celui de l'extérieur), le mésoderme (le milieu) et l'endoderme (l'intérieur). On divisait classiquement les animaux en cœlomatesacœlomates ou pseudocœlomates (le cœlome est une cavité délimitée par des tissus d'origine mésodermiques). Jusqu'à ce qu'on se rende compte que cette division était assez confuse et n'avait aucun sens évolutif (ces configurations apparaissent un peu aléatoirement dans l'arbre évolutif des animaux). Sur la classification que je donne à la fin de l'article (et qui est fausse par ailleurs !) les némertes sont placés dans les "parenchymiens" (ce groupe n'est plus accepté mais je le garde par soucis pédagogique), avec les plathelminthes. Et rappelez vous les plathelminthes n'ont pas de cœlomeChez les parenchymiens, le corps est rempli de cellules, il n'y a pas de cavité interne. Ce tissus est appelé mésenchyme. Cependant chez les némertes on ne sait pas bien d'où il provient, cela peut-être le mésoderme ou l'épiderme ! Alors que chez les plathelminthes il provient du mésoderme. Si on en reste là, les némertes n'ont pas de cœlome. Mais revenons en à ce rynchocoele ! C'est une cavité qui contient le proboscis. Et selon les auteurs le rynchocoele est une cavité cœlomique ou pas. Ah oui, on pense que la morphologie c'est simple, il suffit de regarder pour comprendre mais non, l'interprétation d'une structure morphologique est chargée de théorie ! Je vous renvoie à cet article qui traite de ce problème : "remaniements dans la phylogénie des animaux". Continuons quand même à parler de cette structure qui est quand même le caractère spécial des némertes, leur "synapomorphie". On parle de proboscis c'est à dire que cette trompe n'est pas connectée à l'appareil digestif. Mais le rynchocoele donne sur une cavité à l'avant le rynchodeum. Tout ça ira mieux avec un schéma :

Les parenchymiens: les nemertes
Voici un schéma de némerte avec le proboscis invaginé puis dévaginé.


Bon mais vous me demanderez probablement à quoi sert ce proboscis à part embrouiller les zoologistes et les lecteurs de cet article ? Et bien les némertes s'en servent comme d'un lasso qu'ils déploient soient pour se déplacer (voir la vidéo plus loin) soit pour attaquer leur proies, donnant lieu à de terribles et épiques batailles. Le proboscis porte même des épines de calcaires à l'extrémité appelées « stylets ». C'est donc bien une arme redoutable utilisée par nos preux amis les némertes. Cette trompe peut faire jusqu'à deux fois la taille du corps, imaginez donc un némerte déjà long vous sortir une trompe deux fois plus longue que lui... Oui ça triple de taille. Alors déjà que les némertes sont capables de s'étirer considérablement, entre un némerte contracté proboscis rentré et un némerte décontract proboscis sortit... Oui ces animaux sont surprenants. Pour finir sur cet incroyable, que dis-je formidable organe, notez le muscle rétracteur qui relie le fond du rynchocoele avec l'extrémité du proboscis. Cependant chez certains némertes ce muscle n'existe pas et tout se fait grâce à la pression des fluides internes provoqué par des contractions musculaires de la cavité. Oui les nemertes ont beau avoir l'air difforme ce sont des animaux très musculeux. Bref le proboscis est un formidable outil et l'ont pourrait presque imaginer les nemertes s'en servir comme une main... Peut-être qu'un jour ils dominerons le monde... Bwahahahaha !



Un némerte terrestre sortant son proboscis... Tenez vous bien à votre chaise c'est impressionnant !


Mais croyiez vous que j'en avait fini avec eux ? Pas du tout ! Par exemple leur tube digestif n'est pas droit et simple et est différencié en compartiments . Certains nemertes semblent même rappeler les annélides puiqi'ils sont annelés, et ces anneaux se superposent aux différents compartiments du tube digestif (genreAnnulonemertes). De plus, bien qu'ils soient relativement aplatis, ils ont quand même un système circulatoire. Oui, beaucoup d'animaux longs et aplatis n'en n'ont pas, notamment lorsqu'ils vivent en milieu aquatique ou humide, simplement parce que l'oxygène passe directement par la peau et les nutriments peuvent circuler dans les liquides internes. Or on l'a vu, les némertes ont le corps remplis de ce mésenchyme, comme les plathelminthes qui eux n'ont pas de système circulatoire. La présence d'un système circulatoire chez les némertes est donc contre intuitive. Mais bon, les résultats de l'évolution eux même sont contre-intuitifs donc on ne va pas cracher sur toutes ces merveilles ! Et selon les auteurs, ce système circulatoire serait soit ouvert(débouchant dans des cavités) ou clos (tout serait contenu dans des vaisseaux). Les némertes ont même des pigments respiratoires (c'est à dire des molécules transportant l'oxygène) avec de l'hémoglobine, ce que n'ont pas tous les organismes à système circulatoire.



Comme je ne savais pas trop quoi mettre entre ces deux paragraphes, vous avez en bonus une vidéo d'un némerte se servant de son proboscis pour attaquer une annélide... La pauvre...


Mais les némertes ont une vie palpitante et comme beaucoup d'animaux ont une larve. La plus commune et la seule dont je vais parler est la larve pilidium, mais sachez qu'il existe aussi la larve de Desor et d'Iwata. La larve pilidium, qui comme toutes les larves (vous devez me voir venir) est trop choupiiiiiiiiiiie. Elle se retrouve dans le plancton et ressemble à une petite toupie avec une touffe de cils sur la « tête » (enfin ce ne sera pas la tête mais c'est le haut de la larve) et est planctonique. Cette partie ressemble à un « chapeau ». Cette touffe est dirigée dans le sens de déplacement probablement pour tâter c'qu'il y'a d'vant. Grâce aux cils qui recouvrent sont corps, cette larve peut se déplacer mais aussi jouer sur le courant pour amener les particules alimentaires à sa bouche (oui elles ne sont pas attirées d'elles même par la force de l'adorabilité). Sous se chapeau se trouve deux ganglions nerveux. Le tube digestif est clos c'est à dire que la larve n'a pas d'anus. Il est divisé en une bouche, un œsophage, un estomac et un intestin. La larve a déjà un mésenchyme dont l'origine est douteuse comme je l'ai dit, il semble que cela dépend des genres. Puis intervient la métamorphose. Plus ou moins à l'inverse du papillon où le ver précède l'animal flottant dans le milieu environnant, ici c'est un ver qui va sortir de l'enveloppe larvaire. Le proboscis n'est alors pas formé et apparaîtra ensuite. L'épiderme se formera à partir de disques ectodermiques présents chez la larve donnant aussi d'autres structures d'origines épidermiques. Voilà un peu pour les grandes lignes (pour ça les némertes sont experts) du développement des némertes.

Les parenchymiens: les nemertes
Une larve pilidium colorée par immunofluorescence. Comme ça en plus d'être choupie elle est jolie !


Un peu de classification maintenant ! Hey oui, c'est mon domaine, il fallait bien que j'en parle un peu ! Je ne vous parlerai que des groupes considérés monophylétiques dans l'arbre que je vous donne en bas :
-Les Heteronemertes dont le centre nerveux (le cerveau en gros) est situé après la bouche et qui ont plusieurs stylets au niveau de ce derniers (ils piquent plus !).
-Les Paleonemertes, pareil que les Heteronemertes sauf qu'au lieu d'avoir un cerveau situé entre l'épiderme et la musculature juste en dessous ont un cerveau qui se trouve plus profondément dans la musculature qui se trouve sous l'épiderme.
-Les Hoplonemertes qui ont le cerveau au niveau de la bouche (ce n'est pas pour autant qu'ils ne pensent qu'à manger) et situé dans la musculature qui se trouve sous l'épiderme. Ils sont divisés en :
-Polystilifera qui, comme leur nom l'indique ont plusieurs stylets au niveau du proboscis (rien de bien excitant je vous l'accorde) mais qui ont le tube digestif avec des diverticules (youhou, enfin de l'action !)
-Monostylifera qui, comme leur nom l'indique on un seul stylet... Ouais c'est trop stylé (j'ai bientôt fini l'article, après je sort).

Les parenchymiens: les nemertes
Classification des némertes de Andrade et al. 2011. Vous devez bien sûr m'apprendre ça par coeur pour... Tout de suite !


Au niveau de leur position phylogénétique par rapport aux autres grands groupes d'animaux, ils ont longtemps été considérés proche des plathelminthes sans qu'on sache bien pourquoi (si ce n'est le mésenchyme mais comme je vous l'ai dit c'est bof bof). Des vers mou et un peu aplatis ! Allez hop, dans le même sac ! Pas très sérieux ces zoologistes ! On les considère maintenant assez proche des annélides et des mollusques pour leur larve et leur développement. Mais certains études ont réussi à les placer proches brachiopodes, des organismes dont je parlerai plus tard. Bref, il semble que leur place dans l'arbre évolutif des animaux soit encore incertaines, voyons donc ce que l'avenir nous dira !

Et voici pour les némertes. Et ben, j'ai réussi à beaucoup en parler alors qu'en général ils sont à peine évoqués en cours de zoologie. Comme quoi les organismes auxquels on s'intéresse le moins ont parfois (souvent) plein de surprises ! Et c'est normal, moins on s'y intéresse et plus ils ont de mystère qu'il leur reste à nous délivrer ! Un long article pour des animaux aussi longs... Ils le méritaient !



Une vidéo d'un looooong nemerte pour la fin, vous aurez remarqué que les némertes ont en plus souvent de jolies couleurs !


Les némertes sont des:
-Bilateriens
-Lophotrochozoaires
-Eutrochozoaires
-Spiraliens
-Parenchymiens (il n'y a pas de cavité corporelle (ou cœlome) mais les organes baignent dans un tissu lâche appelé le parenchyme, ce clade est extrêmement discutable)
-Némertes

samedi 7 janvier 2012

Les plathelminthes : les néodermates.


Les plathelminthes qui comme je vous l'ai dit ont tous un épiderme cilié... Comment ça je l'ai pas dit clairement ? Ben si, maintenant c'est fait. Donc chez les neodermatesl'épiderme est cilié seulement chez la larve puis ensuite il va être remplacé par un nouvel épiderme, une nouvelle peau, un "néoderme" quoi. C'est ce qu'on appelle au sens propre "faire peau neuve". Ce "néoderme" est syncitial, c'est à dire, aux choix que c'est une cellule géante avec plusieurs noyaux ou que c'est plein de cellules sans membranes les séparant... Ici on opte pour la deuxième option. Plus précisément des cellules d'origine ectodermiques (l'épiderme), reposant sur la "lame basale" vont être éliminées et remplacées. La lame basale, est une couche de protéine notamment du collagène, qui permet le maintient des tissus. Des expansions de certaines cellules mésodermiques présentes sous la lame basale vont la traverser et bouter hors de là les cellules épidermiques ciliées. Le néoderme est une caractéristique morphologique tout à fait particulière, elle ne se retrouve que dans ce groupe. C'est ce qu'on appelle une "synapomorphie" ou un "caractère partagé propre". Les néodermates sont donc un bon groupe en biologie. Enfin... Tant qu'on parle de classification ! Parceque les néodermates sont de très bon et audacieux parasites ! Les autres caractéristiques de ce groupe sont assez techniques et je ne les détaillerai pas ici. 

Les plathelminthes : les neodermates
Illustration du néoderme

Un avertissement donc. Jusqu'ici j'en profitait toujours pour essayer de vous en mettre plein les mirettes en vous montrant de zolis animaux... Là la beauté se retrouvera bien ailleurs... Les néordermates sont un incontournable de la zoologie simplement parceque l'homme en est victime (si ça ne dépendait que de moi, ce seraient les cténophores les incontournables... Et les chaetognathes... Ha et puis les rotifères... En fait ils sont tous incontournables \o/). Excusez moi donc si cet article se rapproche plus que d'autres d'un cours "classique" de zoologie. Ce qu'il y a de formidable chez les parasites c'est leurs cycles de vie. Beaucoup dirons que les parasites sont des organismes simples. Morphologiquement souvent ils le sont au moins superficiellement mais leurs cycles de vies souvent "compensent" cette simplicité. 

Tout d'abord, retenez bien quel seul l'adulte peut se reproduire sexuellement. De plus on parle d'hôte définitif pour l'hôte qui accueille (malgré lui bien sûr) le parasite et chez lequel la reproduction sexuée a lieu. C'est un peu la maison de passe... Tous les autres hôtes sont des hôtes intermédiaires. C'est la maison où on passe.

Il y a trois groupes de néodermates, les monogènes n'étant probablement pas un groupe monophylétique.

Monogènes : 

Les monogènes sont des néodermates à un seul hôte, c'est à dire qu'ils ne vont enquiquiner qu'un seul organisme. Ce sont les "fidèles". La plupart sont parasites externes (ectoparasites) de vertébrés aquatiques ("poissons", tortues, amphibiens) mais aussi parfois d'autres animaux. Certains sont "mésoparasites" c'est à dire qu'ils vont se placer dans les cavités internes du corps de leur hôte. Attention, les parasites de l'intestin sont considérés comme des parasites externes (enfin d'après ce qu'on m'a appris, on peut trouver des définitions différentes) puisque le tube digestif débouche directement sur l'extérieur. C'est pour ça que quand vous pétez ça sent pas bon à l'extérieur (sauf, bien sûr, si vous êtes une fille). 

L'oncomiracidium est la larve des monogènesC'est une larve ciliée qui Elle va nager jusqu'à trouver un hôte. Là ce n'est pas un cycle bien compliqué. Les monogènes ont une vie relativement simple, c'est pour ça qu'ils sont fidèles : plus on a une vie complexe plus on fait de rencontres et plus on est infidèle (comment ça je fait de l'anthropomorphisme ?). La larve possède une ventouse orale qui permet de s'attacher, des expanssions digestives ou caecums intestinaux et un opisthaptor (ce n'est pas un dinosaure !) qui permet à la larve de s'attacher fidèlement à son hôte. Si vous avez bien suivi vous devez vous dire que la larve devrait perdre ses cils et acquérir son néoderme. Ben oui (ben quoi, que voulez vous que je vous dise de plus ?).

Les plathelminthes : les neodermates
A gauche, le cycle du vie d'un Monogène, au milieu, la morphologie de l'adulte et à droite, celle de la larve.

Trématodes : :

La première larve est la larve miracidium : c'est la première forme larvaire libre et nageuse. En général elle va se faire manger par un futur pauvre hôte. Elle va ensuite se reproduire plusieurs fois de manière asexuée. Hey oui, comme je l'ai dit, seuls les adultes ont le droit au sexe !

Ensuite vient la larve cercaire : le miracidium peut ensuite se reproduire de manière asexuée en produisant des formes libres c'est à dire qui ne sont pas parasites. Ce sont les cercaires. Ces cercaires vont chercher un hôte intermédiaire ou un hôte définitif.


Métacercaire : Le métacercaire est la forme enkystée du cercaire, c'est à dire que c'est un cercaire entouré dans une coque de protection (quand je parle de coque je ne parle pas du mollusque, c'est pour plus tard bande d'impatients). Une fois que la larve cercaire atteint un hôte, en général c'est là qu'elle va s'enkyster. La phase métacercaire peut être zappée si le cercaire trouve directement son hôte définitif. Une fois le métacercaire dans son hôte définitif le kyste va disparaître tout comme la ciliature qui va être remplacée... TADAAAAM ! Par le néoderme !

Chez certaines douves, il y a deux autres formes possible :

Sporocyste : Chaque miracidium peut donner un sporocyste, forme asexuée et active. Chacune de ses cellules germinales (c'est à dire reproductrices) va donner une autre forme larvaire :

La rédie : Elle va reproduire un peu ce que fait le sporocyste et chacune de ses propres cellules germinales va donner une larve cercaire. Cette double reproduction asexuée (d'ailleurs, c'est un peu confus ici de parler de cellules germinales puisqu'il n'y a pas de sexualité) permet de produire extrêmement rapidement un très grand nombre de larves cercaires susceptibles d'infester un grand nombre d'hôtes. Comprenez bien que pour un parasite, la phase d'infestation est une phase de haute voltige très risquée. Il faut donc mettre toute les chances de son côté.

Les plathelminthes : les neodermates
Illustration du cycle de vie d'une douve.

Les plathelminthes : les neodermates
Une photo d'une petite douve du foie.

Vous l'aurez compris, les trématodes sont des parasites à plusieurs hôtes. Ce qu'ils ont d'étonnant en plus de leur cycle de vie très complexe est leur capacité pour certains à influer sur le comportement de leurs hôtes. Certains exemples sont très connus et je ne m'attarderai pas là dessus ici (j'ai préféré m'attarder sur le cycle, c'est moins rigolo mais en général on y insiste moins). Je peux cependant vous renvoyer sur quelques exemples :

-Un article de l'excelent SSAFT qui parle d'un parasite transformant les antennes des escargots en vers juteux : Le supplice de Prométhée interprété par un escargot.

-Un article du nouveau blog "les chouettes savantes" évoquant la petite douve du fois : Les stratégies du pique-assiette.

-Un article de feu le blog "la fabuleux destin du pinguin" sur l'amour torride du schizostome, une des maladies parasitaires les plus graves et répandues au monde : L'Amour...

Et un article en anglais traitant de certains trématodes parasites de crustacés : April 8 - Maritrema novaezealandensis.

Bref, vous l'aurez compris, c'est un sujet largement traité et passionnant, vous m'excuserez donc de ne pas plus le traiter en détail :)

Cestodes : :

On y trouve le fameux ver solitaire, un des parasites les plus connus. Je vais vous en détailler le cycle :

L'œuf fécondé relargué avec les excréments de l'hôte définitif (puisque la fécondation est le produit de la relation sexuée et donc se fait chez l'hôte définitif) va donner une forme larvaire : l'oncosphere. Cette larve sera entourée d'une coque encore une fois : l'empbryophore (porteur d'embryon) qui porte six crochets. on l'appelle aussi "héxacanthe" (six épines). Cette coque permet à la larve qui est relargué dans le milieu exterieur de survivre quelques mois. Si jeune et déjà si autonome... Si un malheureux herbivore passe là, l'oncosphere va se développer en cysticercus : une larve bien emmitouflée dans un kyste dans les muscles. C'est là que si un carnivore mange la viande, il peut être infecté. C'est pour ça qu'il faut bien cuire la viande dont on n'est peu sûr de la qualité : pour tuer les pauvres cycticerques qui dormaient tranquillement, attendant une chaude maison. Ensuite c'est l'histoire bien connue du ver solitaire. Une fois ingéré, le cycticerque va déployer son "scolex", sa tête avec crochets, dans le petit intestin de son hôte. Il va mûrir et devenir un adulte. L'adulte est très particulier puisqu'il peut atteindre plus d'un mètre. En fait il est constitué de plusieurs anneaux, lesstrobiles, chacun possédant des organes sexuels mâle et femelle. Une vrai machine à bébés. Les derniers strobiles doivent s'extirper et ils le font avec "classe" par les voies naturelles... . N'oubliez pas que nous sommes toujours chez les vers plats ces vers sont donc... plats. Le Tænia vivant dans l'intestin et se nourrissant de ce qu'il y a, n'a pas lui même d'intestin ! Il absorbe donc directement les aliments digérés de ses hôtes. ce qui peut donc poser des problèmes de sous-nutrition. En soit donc le ver solitaire n'est pas un parasite si terrible parce que contrairement à beaucoup d'autres il vit en général seul et qu'il ne fait que piquer de la bouffe (il ne se loge pas dans les poumons ou ne racle pas les muqueuses intestinales comme d'autres). C'est probablement un des plus doux des parasites. Cependant comme je l'ai dit il mange à notre place... Il y a une légende urbaine (dont je ne connaît pas la véracité) qui raconte qu'il y a quelque temps, des gélules avec des Tænia étaient vendues comme pilules amincissantes. Ceci aurait posé des problèmes puisque cela entraînait la coexistence de plusieurs Taenia dans l'intestin et des problèmes graves de sous-nutrition. Un parasite, aussi doux soit-il, interagit avec le corps de l'hôte. Alors même si ça fait de la compagnie, ce n'est pas non plus bon pour la santé : préférez un chat ou des cloportes (ben quoi ?). Il fou quand même la pagaille dans l'intestin et entraîne diarrhées et problèmes intestinaux. Il arrive parfois aussi que l'homme soit l'hôte intermédiaire, dans ce cas, comme ce n'est pas la situation naturelle, les cycsticerques un peu pommées vont n'importe où et il leur arrive de se retrouver dans le cerveau. Ouaip, ça doit faire mal à la tête...

Les plathelminthes : les neodermates
L'incroyable ver solitaire.

Chez l'homme il y a le Tænia discret et le Tænia fou-fou :

Le Tænia saginata qui se trouve chez le bœuf lui n'y va pas par quatre chemin (un seul hein), ayant des strobiles musculeux, ils vont chercher tout seul le chemin vers l'extérieur... Imaginez la gêne occasionnée lors d'une réunion super importante lorsque quelqu'un décide de faire une sortie improvisée dans vos sous vêtements...

Le Tænia solium lui est un gros fainéant et sort avec les selles. On peut donc voir les strobiles dans les excréments lorsqu'on va aux toilettes contrairement au Taenia fougueux...

Un autre "ver solitaire", l'Echinococcus lui est extrêmement dangereux et provoque l'échinococcose même s'il n'est pas sensé vivre chez l'homme. Il s'introduit dans le foie et le détruit complètement entraînant la mort. Aucun remède actuel ne semble connu si ce n'est pour ralentir la progression. Le problème c'est que la croissance est très longue et peu prendre plusieurs années avant qu'on ne se rende compte de l'infection. Et à ce moment là il est trop tard pour retirer ce parasite par chirurgie. Où trouve t-on ce parasite me demanderez vous ? Sur les fruits sauvages. En fait c'est de là que viens cette histoire de ne pas manger de fruits sauvages à moins d'un mètre du sol. En effet, l'Echinococcose est transmise par l'urine de renard... Il faut donc bien laver les fruits sauvages avant de les manger !

Les plathelminthes : les neodermates
Le cycle de vie de l'Echinoccocus.

Voilà, j'en ai fini avec le charmant des plathelminthes. Avouez qu'entre la planaire nageant gracieusement et le ver solitaire il y a tout un monde...

Les neodermates sont des:
-Bilateriens
-Lophotrochozoaires
-Eutrochozoaires
-Spiraliens 
-parenchymiens (il n'y a pas de cavité corporelle (ou cœlome) mais les organes baignent dans un tissu lâche appelé le parenchyme) 
-neodermates