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samedi 7 janvier 2012

Les plathelminthes : les néodermates.


Les plathelminthes qui comme je vous l'ai dit ont tous un épiderme cilié... Comment ça je l'ai pas dit clairement ? Ben si, maintenant c'est fait. Donc chez les neodermatesl'épiderme est cilié seulement chez la larve puis ensuite il va être remplacé par un nouvel épiderme, une nouvelle peau, un "néoderme" quoi. C'est ce qu'on appelle au sens propre "faire peau neuve". Ce "néoderme" est syncitial, c'est à dire, aux choix que c'est une cellule géante avec plusieurs noyaux ou que c'est plein de cellules sans membranes les séparant... Ici on opte pour la deuxième option. Plus précisément des cellules d'origine ectodermiques (l'épiderme), reposant sur la "lame basale" vont être éliminées et remplacées. La lame basale, est une couche de protéine notamment du collagène, qui permet le maintient des tissus. Des expansions de certaines cellules mésodermiques présentes sous la lame basale vont la traverser et bouter hors de là les cellules épidermiques ciliées. Le néoderme est une caractéristique morphologique tout à fait particulière, elle ne se retrouve que dans ce groupe. C'est ce qu'on appelle une "synapomorphie" ou un "caractère partagé propre". Les néodermates sont donc un bon groupe en biologie. Enfin... Tant qu'on parle de classification ! Parceque les néodermates sont de très bon et audacieux parasites ! Les autres caractéristiques de ce groupe sont assez techniques et je ne les détaillerai pas ici. 

Les plathelminthes : les neodermates
Illustration du néoderme

Un avertissement donc. Jusqu'ici j'en profitait toujours pour essayer de vous en mettre plein les mirettes en vous montrant de zolis animaux... Là la beauté se retrouvera bien ailleurs... Les néordermates sont un incontournable de la zoologie simplement parceque l'homme en est victime (si ça ne dépendait que de moi, ce seraient les cténophores les incontournables... Et les chaetognathes... Ha et puis les rotifères... En fait ils sont tous incontournables \o/). Excusez moi donc si cet article se rapproche plus que d'autres d'un cours "classique" de zoologie. Ce qu'il y a de formidable chez les parasites c'est leurs cycles de vie. Beaucoup dirons que les parasites sont des organismes simples. Morphologiquement souvent ils le sont au moins superficiellement mais leurs cycles de vies souvent "compensent" cette simplicité. 

Tout d'abord, retenez bien quel seul l'adulte peut se reproduire sexuellement. De plus on parle d'hôte définitif pour l'hôte qui accueille (malgré lui bien sûr) le parasite et chez lequel la reproduction sexuée a lieu. C'est un peu la maison de passe... Tous les autres hôtes sont des hôtes intermédiaires. C'est la maison où on passe.

Il y a trois groupes de néodermates, les monogènes n'étant probablement pas un groupe monophylétique.

Monogènes : 

Les monogènes sont des néodermates à un seul hôte, c'est à dire qu'ils ne vont enquiquiner qu'un seul organisme. Ce sont les "fidèles". La plupart sont parasites externes (ectoparasites) de vertébrés aquatiques ("poissons", tortues, amphibiens) mais aussi parfois d'autres animaux. Certains sont "mésoparasites" c'est à dire qu'ils vont se placer dans les cavités internes du corps de leur hôte. Attention, les parasites de l'intestin sont considérés comme des parasites externes (enfin d'après ce qu'on m'a appris, on peut trouver des définitions différentes) puisque le tube digestif débouche directement sur l'extérieur. C'est pour ça que quand vous pétez ça sent pas bon à l'extérieur (sauf, bien sûr, si vous êtes une fille). 

L'oncomiracidium est la larve des monogènesC'est une larve ciliée qui Elle va nager jusqu'à trouver un hôte. Là ce n'est pas un cycle bien compliqué. Les monogènes ont une vie relativement simple, c'est pour ça qu'ils sont fidèles : plus on a une vie complexe plus on fait de rencontres et plus on est infidèle (comment ça je fait de l'anthropomorphisme ?). La larve possède une ventouse orale qui permet de s'attacher, des expanssions digestives ou caecums intestinaux et un opisthaptor (ce n'est pas un dinosaure !) qui permet à la larve de s'attacher fidèlement à son hôte. Si vous avez bien suivi vous devez vous dire que la larve devrait perdre ses cils et acquérir son néoderme. Ben oui (ben quoi, que voulez vous que je vous dise de plus ?).

Les plathelminthes : les neodermates
A gauche, le cycle du vie d'un Monogène, au milieu, la morphologie de l'adulte et à droite, celle de la larve.

Trématodes : :

La première larve est la larve miracidium : c'est la première forme larvaire libre et nageuse. En général elle va se faire manger par un futur pauvre hôte. Elle va ensuite se reproduire plusieurs fois de manière asexuée. Hey oui, comme je l'ai dit, seuls les adultes ont le droit au sexe !

Ensuite vient la larve cercaire : le miracidium peut ensuite se reproduire de manière asexuée en produisant des formes libres c'est à dire qui ne sont pas parasites. Ce sont les cercaires. Ces cercaires vont chercher un hôte intermédiaire ou un hôte définitif.


Métacercaire : Le métacercaire est la forme enkystée du cercaire, c'est à dire que c'est un cercaire entouré dans une coque de protection (quand je parle de coque je ne parle pas du mollusque, c'est pour plus tard bande d'impatients). Une fois que la larve cercaire atteint un hôte, en général c'est là qu'elle va s'enkyster. La phase métacercaire peut être zappée si le cercaire trouve directement son hôte définitif. Une fois le métacercaire dans son hôte définitif le kyste va disparaître tout comme la ciliature qui va être remplacée... TADAAAAM ! Par le néoderme !

Chez certaines douves, il y a deux autres formes possible :

Sporocyste : Chaque miracidium peut donner un sporocyste, forme asexuée et active. Chacune de ses cellules germinales (c'est à dire reproductrices) va donner une autre forme larvaire :

La rédie : Elle va reproduire un peu ce que fait le sporocyste et chacune de ses propres cellules germinales va donner une larve cercaire. Cette double reproduction asexuée (d'ailleurs, c'est un peu confus ici de parler de cellules germinales puisqu'il n'y a pas de sexualité) permet de produire extrêmement rapidement un très grand nombre de larves cercaires susceptibles d'infester un grand nombre d'hôtes. Comprenez bien que pour un parasite, la phase d'infestation est une phase de haute voltige très risquée. Il faut donc mettre toute les chances de son côté.

Les plathelminthes : les neodermates
Illustration du cycle de vie d'une douve.

Les plathelminthes : les neodermates
Une photo d'une petite douve du foie.

Vous l'aurez compris, les trématodes sont des parasites à plusieurs hôtes. Ce qu'ils ont d'étonnant en plus de leur cycle de vie très complexe est leur capacité pour certains à influer sur le comportement de leurs hôtes. Certains exemples sont très connus et je ne m'attarderai pas là dessus ici (j'ai préféré m'attarder sur le cycle, c'est moins rigolo mais en général on y insiste moins). Je peux cependant vous renvoyer sur quelques exemples :

-Un article de l'excelent SSAFT qui parle d'un parasite transformant les antennes des escargots en vers juteux : Le supplice de Prométhée interprété par un escargot.

-Un article du nouveau blog "les chouettes savantes" évoquant la petite douve du fois : Les stratégies du pique-assiette.

-Un article de feu le blog "la fabuleux destin du pinguin" sur l'amour torride du schizostome, une des maladies parasitaires les plus graves et répandues au monde : L'Amour...

Et un article en anglais traitant de certains trématodes parasites de crustacés : April 8 - Maritrema novaezealandensis.

Bref, vous l'aurez compris, c'est un sujet largement traité et passionnant, vous m'excuserez donc de ne pas plus le traiter en détail :)

Cestodes : :

On y trouve le fameux ver solitaire, un des parasites les plus connus. Je vais vous en détailler le cycle :

L'œuf fécondé relargué avec les excréments de l'hôte définitif (puisque la fécondation est le produit de la relation sexuée et donc se fait chez l'hôte définitif) va donner une forme larvaire : l'oncosphere. Cette larve sera entourée d'une coque encore une fois : l'empbryophore (porteur d'embryon) qui porte six crochets. on l'appelle aussi "héxacanthe" (six épines). Cette coque permet à la larve qui est relargué dans le milieu exterieur de survivre quelques mois. Si jeune et déjà si autonome... Si un malheureux herbivore passe là, l'oncosphere va se développer en cysticercus : une larve bien emmitouflée dans un kyste dans les muscles. C'est là que si un carnivore mange la viande, il peut être infecté. C'est pour ça qu'il faut bien cuire la viande dont on n'est peu sûr de la qualité : pour tuer les pauvres cycticerques qui dormaient tranquillement, attendant une chaude maison. Ensuite c'est l'histoire bien connue du ver solitaire. Une fois ingéré, le cycticerque va déployer son "scolex", sa tête avec crochets, dans le petit intestin de son hôte. Il va mûrir et devenir un adulte. L'adulte est très particulier puisqu'il peut atteindre plus d'un mètre. En fait il est constitué de plusieurs anneaux, lesstrobiles, chacun possédant des organes sexuels mâle et femelle. Une vrai machine à bébés. Les derniers strobiles doivent s'extirper et ils le font avec "classe" par les voies naturelles... . N'oubliez pas que nous sommes toujours chez les vers plats ces vers sont donc... plats. Le Tænia vivant dans l'intestin et se nourrissant de ce qu'il y a, n'a pas lui même d'intestin ! Il absorbe donc directement les aliments digérés de ses hôtes. ce qui peut donc poser des problèmes de sous-nutrition. En soit donc le ver solitaire n'est pas un parasite si terrible parce que contrairement à beaucoup d'autres il vit en général seul et qu'il ne fait que piquer de la bouffe (il ne se loge pas dans les poumons ou ne racle pas les muqueuses intestinales comme d'autres). C'est probablement un des plus doux des parasites. Cependant comme je l'ai dit il mange à notre place... Il y a une légende urbaine (dont je ne connaît pas la véracité) qui raconte qu'il y a quelque temps, des gélules avec des Tænia étaient vendues comme pilules amincissantes. Ceci aurait posé des problèmes puisque cela entraînait la coexistence de plusieurs Taenia dans l'intestin et des problèmes graves de sous-nutrition. Un parasite, aussi doux soit-il, interagit avec le corps de l'hôte. Alors même si ça fait de la compagnie, ce n'est pas non plus bon pour la santé : préférez un chat ou des cloportes (ben quoi ?). Il fou quand même la pagaille dans l'intestin et entraîne diarrhées et problèmes intestinaux. Il arrive parfois aussi que l'homme soit l'hôte intermédiaire, dans ce cas, comme ce n'est pas la situation naturelle, les cycsticerques un peu pommées vont n'importe où et il leur arrive de se retrouver dans le cerveau. Ouaip, ça doit faire mal à la tête...

Les plathelminthes : les neodermates
L'incroyable ver solitaire.

Chez l'homme il y a le Tænia discret et le Tænia fou-fou :

Le Tænia saginata qui se trouve chez le bœuf lui n'y va pas par quatre chemin (un seul hein), ayant des strobiles musculeux, ils vont chercher tout seul le chemin vers l'extérieur... Imaginez la gêne occasionnée lors d'une réunion super importante lorsque quelqu'un décide de faire une sortie improvisée dans vos sous vêtements...

Le Tænia solium lui est un gros fainéant et sort avec les selles. On peut donc voir les strobiles dans les excréments lorsqu'on va aux toilettes contrairement au Taenia fougueux...

Un autre "ver solitaire", l'Echinococcus lui est extrêmement dangereux et provoque l'échinococcose même s'il n'est pas sensé vivre chez l'homme. Il s'introduit dans le foie et le détruit complètement entraînant la mort. Aucun remède actuel ne semble connu si ce n'est pour ralentir la progression. Le problème c'est que la croissance est très longue et peu prendre plusieurs années avant qu'on ne se rende compte de l'infection. Et à ce moment là il est trop tard pour retirer ce parasite par chirurgie. Où trouve t-on ce parasite me demanderez vous ? Sur les fruits sauvages. En fait c'est de là que viens cette histoire de ne pas manger de fruits sauvages à moins d'un mètre du sol. En effet, l'Echinococcose est transmise par l'urine de renard... Il faut donc bien laver les fruits sauvages avant de les manger !

Les plathelminthes : les neodermates
Le cycle de vie de l'Echinoccocus.

Voilà, j'en ai fini avec le charmant des plathelminthes. Avouez qu'entre la planaire nageant gracieusement et le ver solitaire il y a tout un monde...

Les neodermates sont des:
-Bilateriens
-Lophotrochozoaires
-Eutrochozoaires
-Spiraliens 
-parenchymiens (il n'y a pas de cavité corporelle (ou cœlome) mais les organes baignent dans un tissu lâche appelé le parenchyme) 
-neodermates

lundi 5 décembre 2011

Les turbellariés (groupe paraphylétique)

Bon, ok, les "turbellariés" ne sont pas monophylétiques. Mais bon, au moins, ils sont jolis. commençons tout de suite par nos deux compères les Acoela et les Nemertodermatida. Ces deux ex-ordres de "turbellariés" ne sont actuellement plus considérés comme des plathelminthes malgré une morphologie vaguement similaire. Mais je reviendrai sur nos deux comparses bien plus tard.

Les "turbellariés" (les vrais mais qui sont faux puisque paraphylétiques... Vous me suivez hein?) sont des plathelminthes libres (ce ne sont pas des parasites), on les surnomme aussi planaires pour un grand nombre. Les "turbellariés" portent un pharynx central (une bouche quoi, enfin quand ils s'en servent de cette façon, souvenez vous, bouche et anus sont confondus chez les plathelminthes) qu'ils peuvent étendre comme une paille pour manger leur proie et en aspirer les fluides corporels, ou boire un chocolat chaud, bien que ce comportement n'ai pas été répertorié. Les "turbellariés" se déplacent avec des cils... Non, ne les imaginez pas cligner frénétiquement des yeux, ces cils sont des structures cellulaires en forme de "poil" disposées sur tout le corps. D'ailleurs "turbellarié" vient de "turbell" en latin qui signifie tourbillon en référence aux tourbillons d'eau que créent leur cils à la surface de leur corps et leurs permettent de se déplacer. Cela assure à certains un déplacement d'une extrême fluidité, comme s'ils glissaient sur le substrat (la surface). Mais certains peuvent nager, en voici un exemple qui pique les yeux de beauté :



Les "turbellariés" occupent tous les milieux : aquatiques marins et d'eau douce, et terrestre. Comme tout plathelminthes, ils n'ont pas de système circulatoire ou respiratoire. En effet, leur amusante forme plate permet aux gaz d'avoir une large surface d'échange avec le l'épiderme (la peau quoi). De plus, rappelez vous, les plathelminthes n'ont pas de cœlome (article précedent renvoyant lui même sur les échinodermes). Ils ont au sein de leur corps un tissus lâche qu'on appelle le mésenchyme, c'est au sein de celui ci que circuleront les gaz et les nutriments. D'ailleurs, le tube digestif des turbéllariés est en général très circonvolutioné, c'est à dire qu'il est ramifié et fait des tours et des détours. Ainsi les nutriments sont répartis plus équitablement dans le corps de l'animal et tout le monde est content. Je ne vais pas vous faire la liste des groupes de "turbellariés", ce serait fastidieux même s'il y a plein de choses à dire et à voir.

Les plathelminthes se divisent en deux groupes : les caténulides et les rhabditophores. Les caténulides sont de tout petits vers sans forme particulière qui peuvent se reproduire en formant une chaîne d'individus qui se détachent ensuite. Les rhabditophores sont tous les autres plathelminthes et ils portent des rhabdites... Voilà. Ha vous ne savez pas ce que sont les rhabdites ? Mais enfin, c'est évident ! Rhabdo signifie baguette. Les rhabditophores ont des cellules glandulaires qui produisent des petits bâtons. Une fois ces bâtons libérés ils vont produire du mucus (c'est tout gluant en gros) ce qui permet entre autre la protection et le déplacement de l'animal.

Les plathelminthes: les turbellariés (groupe non strict)
Un caténulide... Ouaip, il ne ressemble pas à grand chose !

A propos de leur développement, il existe plusieurs type de larves chez les "turbellariés". Trois en tout. Une chez les caténulides : la larve de Luther. Malheureusement je n'ai pas trouvé d'image de cette larve qui je l'imagine doit être toute choupi. C'est simplement une larve ciliée vermiforme et qui nage. Chez les Rhabditophora, on trouve deux types de larves : la larve de Müller et la larve de Götte. Ces deux larves, cilléeselles aussi, ne sont pas exclusives. En effet, chez certains "turbellariés", comme les ceux du genre Stylochus, la larve Götte survient en premier puis arrive la larve Müller. Le problème avec les larves c'est que ce n'est pas toujours bien clair ce qu'on appelle larve et si deux larves qui portent le même nom sont vraiment similaires... Je n'ai malheureusement pas de photo non plus de la larve Götte. Mais séchez vos larves ! J'ai quand même trouvé une magnifique photo de la larve Müller. La larve Müller est, comme toutes les larves elle aussi choupinette et a des expansions comme des bras : 8 en tout. Elle possède des bandes de cils qui lui servent à nager. Chez la larve Müller, cette bande de cils appelée la prototroche (de proto : premier et troche : touffe, c'est t'y pas meugnon ?) court le long des bras. Ces bras font d'ailleurs office de terribles tentacules pour la capture des proies. La larve nage en tournant sur elle même... Et là vous m'attendez justement au tournant ! Oui c'est chou !

Les plathelminthes: les turbellariés (groupe non strict)
Une larve Müller d'Oligocladus.

Les plathelminthes: les turbellariés (groupe non strict)
Un magnifique Stylochus qui a une larve de Götte puis de Müller.

On retrouve certains "turbellariés" en grande quantité dans les eaux douces : les Dugesia et les Polycelis. LesDugesia sont très rigolos parcequ'ils louchent... Les Polycelis eux ont plein d'yeux sur les cotés (enfin pour ces deux platheminthes, ce seront plutôt des "ocelles" que des yeux, des organes permettant d'apprécier les différences de luminosité et d'ombres mais pas les formes). Les Dugesia ont une incroyable capacité de régénération et les scientifiques ont passé des heures à les découper dans tous les sens pour les étudier. Il m'est arrivé une fois de découper en deux par mégarde un Dugesia... Les deux bouts sont partis chacun tranquillement de leur côté ! Si vous voulez voir ces drôles de bêtes rien de plus simple, on les trouve souvent dans les eaux douces sous les cailloux parfois en très grand nombre.

Les plathelminthes: les turbellariés (groupe non strict)
A gauche, un Dugesia qui louche, à droite un Polycelis avec plein d'yeux (ocelles) !

Les Dugesia sont en général comme beaucoup de "turbellariés" charognards ou mollement prédateurs. Mais certains sont au contraire bien plus actifs comme le Bipalium, terrible prédateur terrestre de vers de terre et mollusques. Cet habile chasseur va suivre la trace de mucus de ses proies, très probablement grâce à ces deux moustaches. Mais ils ont beau être terribles ils peuvent avoir aussi de très belles couleurs. Couleurs dont on est pourtant plutôt habitués en milieu marin !

Les plathelminthes: les turbellariés (groupe non strict)
Un Bipalium qui par ses couleurs imite les vers marins. Remarquez la tête en forme de hache qui sert probablement à pister les malheureuses proies.

Tous les "turbellariés" ne sont pas libres (ni égaux, certains sont incontestablement plus beaux ou mignons que d'autres), certains sont commensaux, voire légèrement parasites d'autres organismes aquatiques. Spéciale dédicace aux temnocephales qui sont, il faut le dire, ultra adorables. Ces petits vers boudinés à tentacule, sont parasites de crustacés, punaises et autres escargots d'eau douce. Ils ont une petite ventouse à l'arrière et une trompe à l'avant... Et des petits tentacules tous mignons!

Les plathelminthes: les turbellariés (groupe non strict)
Une collection de tout mimis temnocephales !

Les turbellariés sont des:
-Bilateriens
-Lophotrochozoaires
-Eutrochozoaires
-Spiraliens 
-parenchymiens (il n'y a pas de cavité corporelle (ou cœlome) mais les organes baignent dans un tissu lâche appelé le parenchyme) 
-Platheminthes

lundi 5 septembre 2011

Les plathelminthes

Les platheminthes, encore des animaux qui bien qu'appartenant à un groupe au nom barbare incluent des personnages que vous connaissez. J'ai nommé le ver solitaire (avec qui, finalement vous ne l'etes pas) et leschizostome, certains ne le connaissent peut-être pas mais c'est une cause importante de mortalité (humaine) dans le monde. Tout cela n'a pas l'air joyeux me direz vous et bien si! D'une ces parasites bien que peu râgoutants ont des cycles de vies tortueux et fascinants mais de deux, tous les platheminthes ne sont pas de méchants squatteurs du corps d'autres animaux. Un bon nombre sont de gracieux nageurs aux milles couleurs, d'autres sont de discrets et adorables habitants des mares, d'autres encores sont de terribles predateurs. Comme leur nom l'indique, les plathelminthes ou "vers plats" sont plats. 


Les plathelminthes

Un ver plat, plat comme il faut !


Ce groupe est décrit comme "acoelomate". Pour une (courte) explication de ce qu'est le coelome allez voir à l'article sur les échinodermes. En fait le mésoderme ne se creuse pas, il n'y a pas de cavité en son sein. On estimait avant que les platheminthes étaient par ce fait primitifs, de pauvres petits trucs rampants ou parasites. Aujourd'hui on considère tout l'inverse: leurs ancêtres auraient eu un coelome mais il se serait bouché (ou ne se serait plus ouvert) dans cette lignée. Les plathelminthes auraient donc une forme de coelome si évoluée qu'on le prend alors pour une absence de coelome. Comment sait-on ça? Par laphylogénie! Les Plathelminthes se situent en plein milieu d'autres coelomates (Ceux justement qui ont un coelome) dans l'arbre du vivant. Evidement cet arbre du vivant prend en compte plein d'autres caractères de nos caracteriels plathelminthes et de leurs amis coelomates et ne se base évidemment pas sur le coelome uniquement.


Les plathelminthes
L'arbre évolutif (ou phylogénie) des animaux, très simplifié. Les brachiopodes, les arthropodes, les échinodermes, les annélides par exemple ont un coelomes. Les plathelminthes eux sont en plein milieu de ce fouillis.


Autre "simplification" (puisque vous le voyez, ce n'est justement pas si simple) des plathelminthes, nos chers (plus ou moins pour les parasites) vers plats, n'ont qu'un seul orifice digestif. Je vous le rappelle, vous en avez deux orifices digestifs (sisi! La bouche et l'anus, oui, en biologie "anus" s'utilise sans complexe, ne rigolez pas bêtement!). Or les plathelminthes en ont un seul! Evidemment, c'est une réversion et leurs ancêtres en avaient deux.

Pour leur morphologie générale je serai assez succin. En effet, entre les formes libres et parasites, ça peut énormément changer, surtout qu'en général chez les parasites beaucoup de caractères sont perdus(Evidemment c'est plus subtil que ça). De plus je le develloperai plus loin. Autant vous réferer à ce schéma ci dessous, avec pleins de mots barbares. Vous ne comprendrez peut-être pas tout mais ça vous donnera peut-être une idée générale de leur anatomie qui n'est pas remplie de surprises (selon moi hein) mis à part les deux points que j'ai évoqués ci-dessus. Signalons toutefois le système nerveux en "échelle" formé de cordons nerveux allant de l'avant vers l'arrière reliés "transversalement" par des "commissures en anneaux". Imaginez plusieurs anneaux nerveux reliant les cordons courant d'un bout à l'autre de l'animal.


Les plathelminthes
Un schéma de l'anatomie d'une planaire.


Parlons un peu du parasitisme. Beaucoup de plathemithes sont des parasites, mais qu'est-ce qu'un parasite? Usuellement le parasitisme est une relation durable entre deux organismes où l'un est lésé et l'autre tout content (le parasite). Mais les choses sont en fait plus compliquées. A partir de quand une relation est durable? Un prédateur qui met du temps à manger sa proie est-il un parasite? ha, le parasite devrait laisser sa proie en vie, sinon c'est un parasitoide (voir Ichneumon). Oui mais voilà, entre tuer et rendre malade, dans la nature il n'y a qu'un pas. Bon, et si c'etait une relation exclusive entre deux espèces? Le parasite est spécialiste d'une espèce? Oui, mais certains parasites passent par plusieurs espèces. Bon, mais si c'est une espèce par cycle? Ne discutons pas de la notion d'espèce... Mais beaucoup d'organismes sont considérés comme parasites et peuvent passer d'une espèce à l'autre... Bon retentons: le parasitisme est une relation durable négative et l'hôte est nécessaire pour la reproduction. Encore là ça se discute, mais trève de bavardage, vous voyez où je veux en venir... Enfin, prenez quelques critères là dedans, melangez le tout et vous êtes sûrs d'avoir une définition du parasitisme qui a été proposée quelque part. Il y en a autant de notions qu'il y a d'auteur. Une chose est sûre, les parasites c'est pas cool (encore que). Bon, une chose est vraiment sûre, c'est passionant et surtout il n'y a pas de limite objective pour définir le parasitisme, ça prend en compte trop de critères trop durs à trancher. Ceci dit, c'est un concept écologique bien pratique!

Pour ce qui est de leur position phylogénétique il y a de quoi discuter. Ici j'indique que ce sont des lophotrochozoaires spiraliens (cf annélides). Mais comme je le dis dans l'article annélides le groupe des spiraliens ça se discute. En fait ça se discute particulierement à cause des plathelminthes. Mais ils sont où alors? Un autre groupe étrange a été proposé grace à la comparaison de l'ADN c'est celui des Platyzoa. Si certaines des bêbêtes au sein de ce groupe ont des rapports morphologiques presque évidents, ce n'est pas le cas pour d'autres. Entre autres les playhelminthes. Bref, il y a encore du mystère à résoudre. En tout cas je garde ici les spiralia pour rester homogène avec la "classification phylogénétique du vivant".

Usuellement, les platheminthes sont divisés en quatres classes. Ne me demandez pas si elles sont monophylétiques je n'en sait rien, mais comme cette distinction est en générale effectuée considerez la comme seulement pratique et non pas phylogénétique. Je les develloperai dans les articles suivant, je ne vais donc pas m'etendre là dessus:
Les turbéllariés: des platheminthes non parasites. Les Monogenes, parasites à un seul hôte (les fidèles). Lestrematodes et les cestodes, parasites à plusieurs hôtes (Les libertins).

Les Plathelminthes sont des:
-Bilateriens
-Lophotrochozoaires
-Eutrochozoaires
-Spiraliens
-Parenchymiens (il n'y a pas de cavité corporelle (ou cœlome) mais les organes baignent dans un tissu lâche appelé le parenchyme, ce clade est extrêmement discutable)
-Plathelminthes


Les plathelminthes
Pour finir deux images de plathelminthes : à gauche un magnifique platheminthe libre en train de nager, à droite un horrible parasite. Comme quoi il y a de la diversité chez nos vers plats !

mercredi 6 juillet 2011

Les siponcles

Les siponcles ou sipunculiens font partie des embranchements qu'on appelle injustement "mineurs". Ce sont des animaux dont vous n'avez peut-être jamais entendus parler et pour lesquels trouver de la documentation accessible n'est pas aisé. Ce sont de droles de "vers" marins appelés en anglais "peanuts worms" ou "vers cacahuètes". Sipunculien signifie "petit tube", bien que certains puissent faire plusieurs dizaines de centimètres. Ces animaux se nourrissent de petites particules comme des "algues" unicellulaires. Ils sont plutôt sédentaires vivent généralement dans un tube recouvert de mucus dans le substrat. Mais certains vivent dans des coquilles de mollusques, il est d'ailleurs assez amusant d'en voir sortir timidement leur trompe de la coquille qu'ils investissent. 


Les siponcles
Quelques siponcles dans des coquilles de mollusques sortant leurs trompes.

Comme beaucoup d'animaux qui creusent les sipunculiens ont cette fameuse trompe. Bon, vous ferrez l'objection que les éléphants ne creusent pas beaucoup. Mais il n'y a pas que les mammifères dans la vie! Chez les sipunculiens on préfère parler d'introvert que de trompe. C'est par les mouvements de l'introvert que le sipunculien va pouvoir creuser dans le sol relativement mou. Cependant, certains siponcles plein d'audace peuvent aussi creuser des substrats durs par action chimique et mécanique grâce à de petites épines. Au bout de l'introvert se trouve la bouche garnie de petits tentacules. Les tentacules vont ramenner les particules alimentaires à la bouche. Le tube digestif n'est pas rectiligne, c'est à dire qu'il ne commence pas à un bout pour finir à l'autre. Si la bouche est bien à l'extrémité de l'introvert, l'anus n'est pas à l'extrême opposé, il débouche au milieu du corps de notre drôle d'ami. Les sipunculiens se nourrissent soit de particules en suspensions, soit de particules déposées sur le fond.


Les siponcles
Des sipunculiens en entiers, drôles de bêtes non?

Les siponcles se reproduisent en général par voie sexuée mais sans pratiquer de sexe! Comme beaucoup d'autres animaux en milieu marin ils relâchent les gamètes dans l'eau en espérant qu'il y ait rencontre. Certains sipunculiens se reproduisent aussi de manière assexuée en se divisant en deux. Les sipunculiens passent par le stade larvaire de type trochophore puis dans certains cas par une larve particulière de type "pelagosphère" (pelagos étant la colonne d'eau et sphère... Je vous laisse deviner!). Cette larve avec un grand cercle de cils pour nager (pas pour les yeux hein) peut rester plus ou moins longtemps dans la colonne d'eau. Si elle y reste longtemps on dit qu'elle est "planctosphère". La région antérieure de la larve pélagosphère porte ce qu'on appelle un groin. Il n'y a pas grand chose à dire sur ce groin, c'etait juste rigolo à signaler et puis c'est trop mignon! 


Les siponcles
Une larve pelagosphère trop mimi!

L'idée selon laquelle les sipunculiens seraint des annélides est de plus en plus répandue. Ces résultats sont en général soutenus par les analyses moléculaire. En effet, les sipunculiens n'ont pas vraiment de caractères anatomiques propres aux annélides. Mais d'après certains auteurs les sipunculiens seraient de petits chenapans qui auraient tellement de caractères modifiés que leur appartenance aux annélides serait cachée, les sipunculiens n'ayant ni métamérie, ni système circulatoire, ni soies. D'autres auteurs plus prudents considèrent que les sipunculiens seraient les organismes les plus proches des annélides, sans être des annélides. Certains auteurs ont proposé un apparentement avec les mollusque mais cette proposition n'a pas entrainé beaucoup de passion chez les zoologistes.




Les siponcles
Voilà les tentacules d'un siponculien, comme quoi même les sipunculiens peuvent être jolis.